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UE/États-Unis : poursuite des pourparlers pour tenter d’apaiser les tensions commerciales

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L’UE et les États-Unis poursuivent leurs discussions sur la mise en œuvre des modalités de la fragile trêve commerciale conclue en juillet. Les Européens excluent que les échanges agricoles soient concernés par l’éventuel accord commercial auquel pourraient aboutir ces pourparlers. Ils font seulement valoir leur engagement en matière d’importations de soja.

La commissaire européenne au commerce Cecilia Malmström et le représentant américain pour le commerce (USTR), Robert Lighthizer, ont fait le point les 8 et 10 janvier à Washington sur la mise en œuvre du compromis intervenu fin juillet dernier entre le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, et Donald Trump pour apaiser les tensions commerciales entre l’UE et les États-Unis. Le 9 janvier, ils ont tenu avec leur homologue japonais une réunion consacrée aux pratiques qui faussent les échanges, notamment les transferts de technologies forcés et le rôle des entreprises d’État. Ces pourparlers trilatéraux, entamés en 2018, visent à trouver des moyens de coopération face aux défis ainsi posés, par la Chine notamment, au système commercial multilatéral.

L’agriculture pas concernée, insiste Bruxelles

La Commission européenne envisage de soumettre aux États membres de l’UE des projets de mandats en vue de conclure avec les États-Unis un accord sur la certification dans certains secteurs d’intérêt commun et un accord commercial visant à supprimer les droits de douane sur les biens industriels uniquement.

L’USTR attend, pour sa part, un mandat du Congrès pour entamer les pourparlers avec Bruxelles. Il aura ensuite 30 jours pour soumettre aux parlementaires ses objectifs de négociation. Dans une lettre publiée mi-décembre, 53 organisations du secteur agroalimentaire d’outre-Atlantique ont exhorté Robert Lighthizer à inclure l’agriculture dans ces discussions, une option toutefois exclue par les Européens.

Cecilia Malmström a d’ailleurs réitéré le 9 janvier, après l’échange de vues avec son homologue américain, le refus catégorique de l’UE d’inscrire un volet agricole dans un éventuel accord commercial avec les États-Unis. « Nous avons été très clairs que de notre côté nous n’inclurons pas l’agriculture, cela a été dit très clairement dès le départ », a-t-elle insisté devant quelques journalistes.

Fin juillet, Donald Trump et Jean-Claude Juncker avaient entériné le principe d’une entente commerciale entre les deux blocs pour mettre fin aux tensions, sous la menace de taxes américaines sur les automobiles européennes.

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La commissaire au commerce a rappelé à Washington que les engagements pris par l’UE d’accroître ses importations de soja américain étaient parfaitement tenus (1).

(1) Voir même numéro

La mission de l’UE à Washington rétrogradée

Les Européens ont fait part de leur mécontentement concernant une décision de l’administration Trump de rétrograder le statut diplomatique de la mission de l’UE à Washington d’État à organisation internationale. Cette mesure aurait été prise fin 2018, mais la porte-parole du Service européen pour l’action extérieure, Maja Kocijancic, a précisé que Bruxelles n’en avait pas été informée.

L’UE avait obtenu un statut comparable à celui d’un État en 2016 sous l’administration Obama.