Alors que l’UE entend s’en tenir aux biens industriels, Washington affirme vouloir conclure avec elle un vaste accord commercial – sorte de réplique du Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement (TTIP) dont la négociation est au point mort (1) – portant aussi sur le secteur agricole, ce que Bruxelles a totalement exclu jusqu’à maintenant.
Dans un document de 17 pages publié le 11 janvier et résumant à l’intention du Congrès ses « objectifs spécifiques de négociation », le Bureau du représentant américain pour le commerce (USTR) cite notamment les droits de douane sur les produits agricoles et alimentaires, les barrières non tarifaires, l’administration des contingents d’importation, des « engagements spécifiques pour les échanges de produits développés à l’aide de biotechnologies agricoles », les mesures sanitaires et phytosanitaires.
S’y ajoute, entre autres, un chapitre sur l’environnement, sans aucune référence au climat.
Refus de Bruxelles
« Nous ne discuterons pas de l’agriculture » car les États-Unis ne veulent pas non plus aborder certaines questions, telles que la protection des indications géographiques, avait de nouveau déclaré à la presse la commissaire européenne au commerce Cecilia Malmström le 9 janvier à Washington entre deux réunions avec son homologue américain Robert Lighthizer (2).
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« Donc, ce que nous avons dit, et on en revient à la déclaration de juillet des deux présidents (Donald Trump et Jean-Claude Juncker), c’est qu’il n’y aura pas d’agriculture », avait-elle insisté.
L’UE a enregistré sur la période de janvier à novembre 2018 un excédent de 129 milliards € dans ses échanges de biens avec les États-Unis, contre 107,4 Mrd € pour la période correspondante de 2017, selon des estimations publiées le 15 janvier par Eurostat.
(1) Voir n° 3598 du 05/06/17
(2) Voir n° 3675 du 14/01/19