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UE/Japon : signature d’un accord commercial « stratégique » pour l’agroalimentaire européen

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Signé le 17 juillet lors d’un sommet bilatéral à Tokyo, l’accord de libre-échange, dit de « partenariat économique », entre l’UE et le Japon, qui avait été conclu dans les grandes lignes le 6 juillet 2017 (1), est « d’une importance stratégique », se sont félicitées le même jour, dans une déclaration conjointe, les organisations et coopératives agricoles (Copa-Cogeca) ainsi que les associations de l’industrie (FoodDrinkEurope) et du commerce (Celcaa) alimentaires de l’Union. Il « renforcera la position concurrentielle du secteur dans une région Asie-Pacifique dynamique et en croissance », soulignent-elles, et complétera les accords déjà négociés dans cette région, avec la Corée du Sud notamment, et ceux à venir avec Singapour et le Vietnam.

En 2017, le Japon était le 5e marché d’exportation agroalimentaire de l’UE, pour un montant de quelque 6,4 milliards €.

La Commission de Bruxelles rappelle que, en vertu de cet accord, ce pays va supprimer ses droits de douane sur les exportations européennes de nombreux fromages comme le gouda et le cheddar (qui sont actuellement de 29,8 %) ainsi que de vin (15 % en moyenne). L’UE va aussi pouvoir « accroître considérablement » ses ventes de viande bovine au Japon, tandis que, dans le secteur du porc, « il y aura des échanges en franchise de droits pour les viandes transformées, les viandes fraîches étant presque entièrement exemptées ».

Enfin, l’accord protégera plus de 200 indications géographiques européennes sur le territoire japonais, ainsi qu’une sélection d’IG japonaises dans l’UE.

Cet accord est exemplaire, « alors que s’est répandu le protectionnisme », a commenté le premier ministre japonais Shinzo Abe, sans citer nommément les États-Unis (2).

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Copa-Cogeca
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(1) Voir n° 3603 du 10/07/17

(2) Voir même numéro

« Le principe de précaution n’est pas mentionné »

Le secteur agricole et agroalimentaire européen juge « essentiel » que l’accord commercial signé entre l’UE et le Japon soit « rapidement » ratifié par le Parlement européen. À l’inverse, la rapporteure pour avis de la commission parlementaire de l’environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire, Joëlle Mélin (groupe Europe des nations et des libertés, France), suggère que cette commission invite celle du commerce international, compétente au fond, à « recommander le rejet de la proposition de décision du Conseil » relative à la conclusion de l’accord avec Tokyo.

L’eurodéputée relève notamment que « le principe de précaution n’est pas mentionné – la précaution étant une nouvelle fois subordonnée aux accords internationaux, alors qu’aucun n’applique ce principe », que, « sur le plan environnemental, l’accord se contente d’encourager ‘la conservation et la gestion durable des forêts’, formulation vague qui risque de rester sans suite » et que « le chapitre afférent au développement durable ne comporte pas de normes sociales et environnementales contraignantes en l’absence de mécanisme de sanction en cas de non-respect desdites normes ».