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UE/Mercosur : appels à la prudence 

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La commissaire européenne au commerce n’exclut pas d’effectuer le déplacement à Asuncion pour favoriser la conclusion des négociations de libre-échange avec le Mercosur qui se tiennent dans la capitale paraguayenne. De nombreux appels à la prudence sont néanmoins lancés dans l’UE, notamment en ce qui concerne la qualité sanitaire de la viande bovine importée d’Amérique du Sud, du Brésil en particulier (1).

La commissaire européenne au commerce, Cecilia Malmström, a confirmé le 27 février, qu’elle pourrait se rendre à Asuncion « en fin de semaine », en cas de percée dans la série de pourparlers engagée dans la capitale paraguayenne depuis le 21 février, afin de finaliser un compromis sur le volet commercial d’un accord entre l’UE et le Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay) (2). S’exprimant à l’issue d’une réunion informelle des ministres du commerce des Vingt-huit à Sofia, elle s’est déclarée « confiante » quant à la possibilité de « lever les obstacles à surmonter en matière agricole et dans le domaine des voitures et des pièces détachées automobiles ».

« Préserver un haut niveau de qualité pour les consommateurs »

« S’il est possible d’arriver à un accord en mars, pourquoi pas, mais il reste des discussions sur l’industrie automobile et les préoccupations agricoles », a confirmé à Sofia le ministre belge des affaires étrangères, Didier Reynders. « On sera très attentifs à protéger la qualité du secteur (agricole), pour la viande bovine notamment », a-t-il précisé, soulignant la nécessité de faire la distinction entre « des mesures de pure protection » et une volonté de « préserver un haut niveau de qualité pour les consommateurs ».

De même, le secrétaire d’État français auprès du ministre de l’europe et des affaires étrangères, Jean-Baptiste Lemoyne, a réaffirmé la vigilance de son pays « sur les normes sanitaires et phytosanitaires » des produits agricoles. « Il est clair que le consommateur européen souhaite que les produits accueillis sur le sol européen respectent un certain nombre de conditions que nous imposons à nos producteurs », a-t-il dit. Ajoutant par ailleurs : « Le Mercosur doit venir vers l’UE avec des propositions plus fortes, on pense au secteur automobile, au secteur agricole avec les indications géographiques protégées, au secteur laitier car nous avons dans le monde agricole des intérêts offensifs à faire valoir ».

« Si nous ne prenons pas une décision en mars, cela prendra à nouveau quelques années avant de retrouver une possibilité de négocier (avec le Mercosur) », a prévenu pour sa part le secrétaire d’État allemand aux affaires économiques, Matthias Machnig.

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(1) Voir n° 3632 du 19/02/18

(2) Voir n° 3633 du 26/02/18

Les assurances de Bruxelles

« La Commission est extrêmement prudente lorsqu’elle négocie le chapitre sanitaire et phytosanitaire des accords de libre-échange », a affirmé Vytenis Andriukaitis lors d’une rencontre, le 22 février, avec les présidents des organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca). « Les produits importés doivent respecter les mêmes normes de sécurité alimentaire indépendamment de tout accord commercial. Le même niveau élevé de sécurité alimentaire que celui dans l’UE doit être garanti par les pays non UE exportateurs », a insisté le commissaire européen à la santé.

« Je peux vous assurer que nous ne négocions pas et ne négocierons jamais la réduction de nos normes élevées au cours des négociations d’accords de libre-échange », a-t-il conclu sur ce point.