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UE/Mercosur : les négociations commerciales se poursuivront en janvier

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Les négociations de libre-échange entre l’UE et le Mercosur reprendront en janvier, les deux parties n’étant pas parvenues à un compromis sur les dossiers les plus épineux, notamment l’accès au marché pour les produits agricoles sensibles.

« Des progrès ont été faits, mais ce n’est pas suffisant. Nous nous approchons d’un accord, ce n’est plus qu’une affaire de semaines », a déclaré la commissaire européenne au commerce, Cecilia Malmström, le 13 décembre à Buenos Aires où l’UE et le Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay, Paraguay) ont poursuivi, sans pouvoir conclure, leurs pourparlers de libre-échange en marge de la conférence ministérielle de l’OMC (1). Les deux parties les reprendront en janvier. Elles n’ont pas pu s’entendre à ce stade sur les chapitres les plus difficiles tels que les marchés publics, les services ainsi que les normes sanitaires et phytosanitaires et les contingents tarifaires d’importation dans l’Union pour les produits sensibles que sont la viande bovine, l’éthanol et le sucre (2).

Des avancées

Présent dans la capitale argentine pour les négociations de l’OMC, le secrétaire d’État français chargé du commerce extérieur, Jean-Baptiste Lemoyne, a expliqué que le bloc sud-américain avait remis une offre révisée à l’UE comportant notamment « une avancée sur les IGP (indications géographiques protégées) et les vins et spiritueux ». « Des avancées ont été enregistrées, mais il y a encore des progrès à faire sur les normes sanitaires, pour que le consommateur européen ait dans son assiette des aliments dont le suivi sanitaire est impeccable », a-t-il dit.

« Le Mercosur a fait de nouvelles concessions », a confirmé une source brésilienne. « L’UE a réagi positivement, mais a dit qu’elle n’était pas en position de présenter une offre réciproque et qu’elle serait mieux à même de répondre l’année prochaine ». Le ministre brésilien des affaires étrangères, Aloysio Nunes, remarquant pour sa part que les Européens ont « un mécanisme de consultation plus complexe ».

… et des divergences

Les représentants de l’Uruguay auraient été particulièrement irrités par « l’entêtement et l’intransigeance » dont a fait preuve sur la viande bovine et l’éthanol le commissaire européen à l’agriculture, Phil Hogan, qui négociait aussi pour l’UE.

Le Mercosur aurait tenté d’obtenir à Buenos Aires un accord politique sur le chapitre de l’accès au marché, mais l’UE se serait opposée à une telle issue tactique.

La fenêtre de tir pour un accord entre les deux parties est de plus en plus étroite, compte tenu des prochaines élections générales au Brésil. Celles-ci se dérouleront en octobre 2018, mais pour faire campagne en vue d’obtenir un nouveau mandat, le président de ce pays, les ministres et autres dirigeants politiques doivent démissionner de leurs fonctions au moins six mois avant.

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(1) Voir même numéro

(2) Voir n° 3622 du 11/12/17

(3) Voir n° 3620 du 27/11/17

Viande : les eurodéputés veulent enquêter sur la situation sanitaire au Brésil

Une mission d’information du Parlement européen devrait se rendre la première semaine du mois d’avril au Brésil pour y évaluer la situation sanitaire du secteur de la viande, après le scandale qui a éclaté dans ce pays en mars dernier. Cette initiative a été envisagée le 13 décembre par les coordinateurs politiques de la commission parlementaire de l’agriculture du Parlement européen qui étaient amenés à débattre d’une proposition de Michel Dantin soutenue par sa famille politique, le Parti populaire européen (PPE).

L’eurodéputé français a pour projet la demande de création d’une commission d’enquête sur d’éventuelles lacunes graves dans la certification et le contrôle des importations de viande en provenance du Brésil. En novembre, les organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca) avaient appelé la commission parlementaire à initier une telle démarche, soulignant leur inquiétude quant à la situation sanitaire dans ce pays et au risque d’octroi par Bruxelles d’une concession importante sur le bœuf dans les négociations avec le Mercosur. (3).

La décision sur la mise en place d’une commission d’enquête ou spéciale du Parlement européen sera réexaminée suite à cette mission au Brésil.