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UE/Mercosur : les négociations commerciales toujours aussi laborieuses

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La dernière session de pourparlers de libre-échange entre l’UE et le Mercosur s’est soldée par un blocage, du fait notamment de désaccords entre les Européens et les Brésiliens sur le secteur automobile. Aucune date n’a été fixée en vue d’une prochaine rencontre. Les négociateurs de la Commission de Bruxelles attendent « un pas en avant » de leurs homologues sud-américains.

L’UE et le Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay, Paraguay), qui ont poursuivi leurs négociations de libre-échange du 24 au 26 avril à Bruxelles, ont buté en particulier sur le secteur automobile. Lors des précédents pourparlers, les représentants de la Commission européenne avaient fait savoir qu’ils étaient prêts à améliorer leur offre en ce qui concerne le bœuf sud-américain via un contingent d’importation porté non officiellement de 70 000 à 99 000 tonnes (1). Ils attendaient en retour un meilleur accès au Mercosur pour les automobiles et les produits laitiers de l’UE, ainsi que la protection de certaines indications géographiques notamment.

Bœuf et automobiles

« Sans pas en avant de nos partenaires sur ces questions, il est difficile d’atteindre les objectifs », a commenté le 27 avril un porte-parole de la Commission, précisant que, si aucune date n’a été fixée en vue d’une prochaine rencontre, les deux parties ont convenu de « rester en contact ».

L’Argentine et l’Uruguay ont regretté le manque de détermination du Brésil, particulièrement réticent sur le dossier de l’automobile, et des Européens, indique-t-on de sources sud-américaines. Ajoutant que, en revanche, « le volume pour le bœuf a déjà été agréé à des niveaux acceptables pour l’UE », mais que la répartition du contingent selon les différentes catégories de viandes et le niveau du droit de douane applicable restent encore à préciser.

(1) Voir n° 3630 du 05/02/18

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(2) Voir n° 3641 du 23/04/18

Phil Hogan attend un « mouvement » du bloc sud-américain

« Il n’y aura pas d’accord avec le Mercosur si nous ne sommes pas convaincus qu’il y aura de bonnes normes et que nous aurons un bon accord sanitaire et phytosanitaire », a averti le 25 avril Phil Hogan, rappelant que tout pays ou région qui conclut un accord commercial avec l’UE doit respecter ses standards. Selon le commissaire européen à l’agriculture, le retrait par l’Union, le 19 avril, de vingt établissements brésiliens de la liste des entreprises autorisées à exporter de la viande vers son marché « montre clairement que les systèmes de contrôle et de traçabilité que l’UE a mis en place fonctionnent » (2).

Phil Hogan a aussi souligné que l’Union attend « un mouvement » du Mercosur sur bon nombre des revendications qu’elle a formulées lors des derniers cycles de négociations. « Il n’y a aucune preuve que le Brésil est sérieux quant à la conclusion d’un accord pour le moment parce qu’il est en mode électoral. La balle est dans leur camp », a-t-il ajouté.