Alors que l’UE et la Suisse essaient tant bien que mal de trouver un terrain d’entente pour conclure un accord institutionnel, Bruxelles a refusé le 23 avril de modifier le texte de l’accord en négociation et a invité le pays alpin à « envisager un compromis » s’il voulait accéder au marché unique de son principal partenaire économique. Selon Bruxelles « il n’est pas acceptable de supprimer de l’accord les trois points qui posent problème à la Suisse, à savoir les aides d’État, la libre circulation des personnes et le niveau de salaire des travailleurs détachés ». Bruxelles et Berne négocient depuis 2014 afin d’homogénéiser le cadre juridique concernant la participation de la Suisse au marché unique de l’UE et instaurer un mécanisme de règlement des différends. Le champ d’application de ce nouveau cadre serait limité aux cinq accords existants d’accès au marché (libre circulation des personnes, transports terrestres, transport aérien, obstacles techniques au commerce et agriculture), ainsi qu’aux futurs accords d’accès au marché (par exemple dans le domaine de l’électricité).
L’enjeu est de taille notamment en matière agricole. En 2020, la Suisse est arrivée en deuxième position concernant l’augmentation de la valeur des exportations agroalimentaires de l’UE, soit +675 Mio €, pour atteindre en valeur absolue 9 034 Mio € (+8 % par rapport à 2019). Par ailleurs, les principales destinations des exportations de l’UE27 en 2020 ont été le Royaume-Uni, les États-Unis, la Chine, la Suisse et le Japon, soit 52 % des exportations agroalimentaires de l’UE.