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Investisseurs Ukraine : Agro Génération fusionne avec l’américain Harmelia

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La société Agro Génération de Charles Beigbeder fusionne avec Harmelia, un concurrent américain, pour devenir un des plus gros producteurs de céréales d’Ukraine. Agro Génération sera minoritaire dans le nouveau groupe.

Charles Beigbeder continue son aventure dans l’agriculture. Agro Génération, son entreprise de production de céréales en Ukraine et en Argentine, s’apprête à fusionner avec son concurrent Harmelia, détenu par le fonds américain SigmaBleyzer.
Cette opération va créer une entité louant plus de 120 000 hectares de terres en Ukraine, soit un des cinq plus gros producteurs de céréales du pays, ainsi que 16 000 hectares en Argentine. Agro Génération devient actionnaire minoritaire dans la nouvelle entité, avec 38% du capital. « C’est ça le capitalisme, cette entreprise avait besoin de grandir ! », explique Charles Beigbeder lors de la présentation de l’affaire, mardi 28 mai à Paris. « On devient minoritaire et on partage le pouvoir, mais on développe encore l’entreprise », précise-t-il, assurant poursuivre ses activités dans l’agriculture.

Atteindre une taille critique

L’objectif des deux entreprises est d’atteindre une taille critique afin d’obtenir des meilleures conditions commerciales auprès des fournisseurs d’intrants (engrais, semences) et de peser plus lourd face aux négociants. Pour 2013, la nouvelle société espère une production de plus de 400 000 tonnes de céréales. Le rapprochement des deux structures vise également à atténuer d’éventuels incidents climatiques, leurs exploitations n’étant pas dans les mêmes régions.
Pourquoi ces investisseurs s’intéressent-ils à l’agriculture ? « On regarde ce qui se passe dans le monde aujourd’hui, explique Michael Bleyzer : on constate qu’on produit deux milliards de tonnes de céréales qui sont entièrement consommées. Or, on sera bientôt 10 milliards, et pour nourrir cette population il faut produire bien plus ». Au vu de ces éléments, Michael Bleyzer veut augmenter les exportations de céréales ukrainiennes, pour « aider à résoudre les problèmes du monde tout en réalisant un gros retour sur investissement ». Et l’Ukraine dispose d’un potentiel pour doubler voire tripler sa production, avec une terre noire très fertile sous exploitée depuis la fin de la période communiste.

Créer des emplois dans le pays

Dans un pays encore marqué par la bureaucratie et la corruption, Michael Bleyzer dit n’avoir jamais versé la moindre somme d’argent. Le pays essaye d’ailleurs de se débarrasser de son image pour attirer les investisseurs étrangers, auxquels le gouvernement demande de créer des emplois locaux. Harmelia cherche donc à répondre aux attentes des pouvoirs publics, en participant au développement économique du pays : « On a des fonds sociaux, mais ce n’est pas suffisant, il faut qu’on arrive à créer plus d’emplois », développe John Shmorhun, président d’Harmelia. Alors, l’entreprise réfléchit à la culture de légumes, notamment d’oignons, et la production laitière. « Avec la culture céréalière, on crée peu d’emplois. Mais avec le lait, on embaucherait beaucoup plus de personnes, c’est très important pour le gouvernement ukrainien ». La production laitière offre également des opportunités économiques, notamment dans l’optique de la libéralisation du secteur, en 2015.

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