Les manœuvres s’intensifient pour sortir les grains d’Ukraine. Depuis l’invasion russe, les exportations du grenier à blé tournent au ralenti.
Alors que couve une crise alimentaire mondiale, Vladimir Poutine s’est entretenu le 28 mai avec Emmanuel Macron et le chancelier allemand Olaf Scholz, notamment au sujet de l’exportation de grains. « La Russie est prête à aider à trouver des options pour une exportation sans entraves des céréales, y compris des céréales ukrainiennes en provenance des ports situés sur la mer Noire », a-t-il assuré, rapporte le Kremlin. Selon Poutine, une augmentation des livraisons des engrais et des produits agricoles russes pourrait faire baisser les tensions sur le marché agricole international « ce qui nécessitera bien évidemment la levée des sanctions » visant Moscou.
Le 30 mai, le président russe avait expliqué à son homologue turc Erdogan vouloir travailler avec Ankara à la libre circulation des marchandises en mer Noire, y compris des céréales provenant d’Ukraine. Emmanuel Macron a annoncé le 31 mai avoir proposé à Vladimir Poutine le vote d’une résolution des Nations unies pour lever le blocus du port ukrainien d’Odessa et ainsi « donner un cadre très clair à cette opération ». En conséquence, le blé est repassé sous les 400€/t sur Euronext.
Moscou avait affirmé le 25 mai que le port de Marioupol avait déjà repris ses activités après avoir été déminé. Le site envisage de remettre en service un des trois terminaux céréaliers d’ici juillet, a indiqué un représentant de l’administration portuaire.
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« Pont ferroviaire »
En attendant le dégagement complet de la voie maritime, un « pont ferroviaire » avec l’Allemagne a été mis en œuvre pour aider Kiev à exporter ses céréales, qui s’accumulent dans le pays à cause du blocus maritime imposé par la Russie, a indiqué le 26 mai le prochain chef des forces américaines en Europe, le général Chris Cavoli. La compagnie ferroviaire allemande DeutschBahn « est en train d’extraire d’Ukraine des quantités massives de céréales en ce moment, via la Pologne en direction des ports du nord de l’Allemagne pour leur exportation. »
Ce nouveau « pont ferroviaire » vient s’ajouter aux itinéraires logistiques alternatifs existants. Ils représentent « 10 à 20 % du trafic habituel », avait souligné le 11 mai FranceAgriMer. D’un côté, la voie fluviale jusqu’au port roumain de Constanta se heurte à une saturation des capacités de stockage. De l’autre, la voie ferroviaire jusqu’aux ports polonais, lituaniens et lettons fait face à des limites de charge : l’écartement des rails est différent en Ukraine, ce qui oblige à des transbordements.