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Union européenne Ultime effort de l’Allemagne en vue d’un accord

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La présidence allemande de l’UE devait tout faire pour décrocher un accord sur l’agriculture biologique, lors du Conseil agricole des 11 et 12 juin, à Luxembourg, y compris mettre de côté certaines de ses revendications nationales. La Finlande estimait au terme de sa présidence, en décembre dernier, être parvenue à une « approche générale » des Vingt-sept devant logiquement déboucher sur l’adoption sans discussion d’un accord politique. Mais les experts agricoles de l’UE (CSA) ont rouvert les débats, le 4 juin, sur ce projet de règlement.

L’avis du Parlement européen, qui a abandonné le 22 mai le bras de fer entamé face à la Commission de Bruxelles et aux Etats membres pour obtenir un droit de codécision dans la négociation du règlement sur l’agriculture biologique et l’étiquetage des produits bio, a ouvert la voie à un accord politique entre les Vingt-sept. Néanmoins, les experts agricoles de l’UE (CSA) ont eu bien des difficultés, le 4 juin, à maintenir le compromis dégagé par la présidence finlandaise en décembre dernier pour permettre aux ministres de l’agriculture d’adopter sans débat cette nouvelle législation, lors de leur réunion des 11 et 12 juin, à Luxembourg.

L’Italie, la Belgique, la Hongrie et la Grèce ont annoncé leur intention de voter contre, et l’Allemagne, de s’abstenir. Contre toute attente, la Pologne, sans doute motivée par des revendications sur la réforme des fruits et légumes, selon certains experts, a indiqué qu’elle était opposée à l’idée de laisser les fabricants de produits bio utiliser des auxiliaires technologiques (additifs) ou des aliments pour animaux issus d’organismes génétiquement modifiés si des équivalents conventionnels ne sont pas disponibles sur le marché.

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Davantage de flexibilité

Les mêmes réserves ont été émises par plusieurs autres Etats membres, dont l’Allemagne. Celle-ci a indiqué cependant qu’elle ne s’opposerait pas au compromis final pour en assurer l’adoption rapide. Berlin a toutefois souligné, devant les experts agricoles, l’hostilité des députés européens à ce surcroît de flexibilité accordée aux producteurs biologiques. D’autant plus qu’un courrier adressé aux Vingt-sept par la Fédération internationale des agriculteurs biologiques (IFOAM) indique que le recours aux OGM, tant pour l’alimentation animale que pour l’ajout d’additif dans les denrées bio, n’est pas nécessaire, les filières conventionnelles étant à même d’approvisionner le secteur biologique.

Quoi qu’il en soit, les ministres devraient parvenir à un accord, avec ou sans discussion, lors de leur Conseil agricole de juin sur ce règlement qui fixe de nouveaux principes de production pour l’agriculture biologique, offre sur plusieurs points davantage de flexibilité aux producteurs, plus de clarté dans l’étiquetage de ces produits aux consommateurs et rénove les règles d’importation.