La Fédération française des industriels charcutiers, traiteurs et transformateurs de viande (FICT) et la Confédération nationale des charcutiers traiteurs (CNCT) ont signé un accord collectif, le 4 mai, pour réduire les taux de gras et de sel dans les produits, l'utilisation des emballages et les accidents du travail.
Un nouvel accord collectif a été signé entre le ministère de l'Agriculture, la Fédération française des industriels charcutiers, traiteurs et transformateurs de viande (FICT) et la Confédération nationale des charcutiers traiteurs (CNCT), le 4 mai. Diminution du taux de sel et de gras (-5%) dans douze nouvelles catégories de produits charcutiers, baisse de l'utilisation des emballages et amélioration des conditions de travail dans le secteur sont les trois axes de ce nouvel accord. Ce dernier s'insère dans le cadre du Programme national pour l'alimentation (PNA), mis en place par le ministère. « La charcuterie veut répondre aux évolutions de la société », s'est exclamé Robert Volut, président de la FICT face à cette accord un peu « fourre-tout ». Côté nutrition, la FICT avait déjà signé un engagement volontaire sur la diminution de la teneur en lipides et sodium de neuf produits en 2010. L'objectif final, au travers de cet accord, est l'inscription de seuils en sodium et en lipide dans le Code des Usages de la charcuterie. « Le respect de ces seuils doit […] permettre d'écarter les 15% en volume de produits les plus gras ou les plus salés », au sein de chacune des douze familles que sont les jambons cuits, l'épaule, les saucisses fumées, les andouillettes, les boudins noirs, les pâtés et mousses de canard, les pâtés en croute, les saucissons cuits, le cervelas, soit un volume total de 184 000 tonnes.
Améliorer la prévention des accidents du travail
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Côté conditions de travail, cet accord sera mis en œuvre par des actions de communication et de formation des salariés, mais aussi par des investissements dans des machines plus performantes et plus protectrices. « Des troubles du dos et du poignet, liés à l'acte de vente » handicapent les salariés au fil du temps, notamment dans la partie charcuterie-traiteur, selon Joël Mauvigney, président de la CNCT. Il s'avoue « heureusement surpris » par les résultats d'une récente étude menée sur ce sujet. De plus, « le poids des marchandises a beaucoup diminué », au fil des années réduisant la pénibilité du travail. En parallèle, il a rappelé le manque de près de 2 000 apprentis par an dans la filière. D'après lui, « notre métier n'attire pas les jeunes ! », par méconnaissance. Robert Volut, président de la FICT, reconnaît la manne d'emplois que représente le secteur de la charcuterie. « Nous n'avons pas assez de personnes qui parlent des langues étrangères par exemple » pour aller chercher des marchés exports, observe-t-il. Il aborde une vision de la charcuterie plus industrielle avec des emplois très techniques sur des lignes de fabrication. Pour l'environnement, les engagements pris par la FICT et le CNCT visent à réduire les déchets d'emballages industriels et commerciaux, à mieux les valoriser et à développer l'éco-conception. « Nous n'avons pas mis l'énergie, mais c'est implicite », conclut Robert Volut.
« La qualité des viandes de porc, volaille ou bœuf est indispensable. La provenance géographique est insuffisante », a affirmé Robert Volut, président de la FICT, le 4 mai. Il s'exprimait dans le cadre de l'accord collectif signé entre le ministère de l'Agriculture et le secteur charcutier. Selon lui, « la qualité » prédomine sur l'origine dans les achats de viande à destination de la transformation. « Tout ce qui focalise sur l'origine géographique » reste « insuffisant », explique-t-il. La Fédération nationale porcine (FNP) revendique, elle, depuis longtemps, une origine France sur les produits charcutiers. Robert Volut est également revenu sur le système des cotations qu'il juge « archaïque » et « inadapté à l'économie actuelle ». Les cotations hebdomadaires ne sont pas à l'image des investissements de long terme que font les industriels aussi bien pour conquérir des marchés à l'export que pour développer de nouveaux outils de production. « Ces cotations sont basées sur le système des marchés aux bestiaux datant du XVe siècle », a t-il fait remarquer.