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Négociations de l’OMC Un accord en décembre de plus en plus hypothétique

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De nombreux négociateurs tablaient à Genève sur une conclusion du cycle de Doha d’ici décembre prochain. Mais l’accumulation des demandes de certains membres de l’OMC, des critiques des projets sur la table et des contre-propositions rend ce pronostic de plus en irréaliste. Si les pourparlers devaient être , ce serait, tactiquement, une mauvaise affaire pour l’UE, estime un conseiller de Mariann Fischer Boel, la commissaire européenne à l’agriculture.

Si, faute d’accord à la fin de l’année, le cycle de Doha est gelé, jusqu’en 2009 par exemple, l’UE sera doublement pénalisée, a averti Klaus-Dieter Borchardt, le chef de cabinet adjoint de Mme Fischer Boel, devant la Fédération allemande des exportateurs de produits laitiers (MIV). D’une part, il sera, selon lui, plus difficile de « vendre » à ce moment là à Genève la réforme de la Pac de 2003 ; d’autre part, les négociations entre les Vingt-sept sur le financement de l’UE après 2013 seront en cours, ce qui accentuera les pressions en faveur de nouvelles réformes agricoles.

Blocages du côté des pays émergents et des Etats-Unis

Les Etats-Unis considèrent que les pays émergents rechignent encore trop à ouvrir leurs marchés aux biens industriels. Or, selon eux, il s’agit là, avec la libéralisation des échanges de services (télécommunications, banque, etc.), du prix que doivent payer ces pays pour obtenir une baisse sensible du soutien agricole américain.

Washington estime aussi que certains pays développés comme le Japon et la Suisse ne sont pas suffisamment disposés à ouvrir leurs frontières dans le secteur agricole.

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A l’inverse, les pays en développement émergents, tels que le Brésil, l’Inde et l’Afrique du Sud, reprochent aux Etats-Unis de vouloir exposer leur industrie à la concurrence avant même de concéder de véritables réductions des subventions agricoles américaines qui faussent les échanges.

Si le niveau des soutiens agricoles de l’UE reste critiqué à Genève, au moins celle-ci a-t-elle entrepris une réforme de la Pac visant à les diminuer. Les perspectives sont nettement moins claires aux Etats-Unis, où le Congrès travaille encore sur un nouveau farm bill.

Des projets de compromis révisés sont attendus à Genève d’ici la mi-novembre dans les domaines agricole et industriel.