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Biodiversité Un accord international à Nagoya prévoit d’augmenter les aires protégées

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Après deux semaines de négociations, les 193 pays membres de la Convention sur la diversité biologique (CBD) ont adopté le 29 octobre, à Nagoya, un plan stratégique – non juridiquement contraignant – de protection de la nature contenant 20 objectifs pour 2020. Les signataires s’engagent notamment à augmenter les aires protégées de la planète de 17% de la surface totale des terres.

Dans la nuit du vendredi 29 octobre, les 193 pays signataires de la Convention sur la diversité biologique (CDB) ont réussi à adopter à Nagoya, au Japon, un accord sur la protection de la biodiversité. Les Etats sont notamment tombés d’accord sur un plan stratégique pour 2020, visant à contribuer à stopper la perte de biodiversité mondiale, qui fixe en particulier comme objectif une augmentation des aires protégées de la planète de 17% de la surface totale des terres (contre 13% environ aujourd’hui). L’objectif, sur Terre, est de stopper la destruction des habitats naturels, surtout des forêts.
Le protocole de Nagoya conseille également aux Etats de mettre fin à leurs « subventions néfastes » à la biodiversité comme celles aidant la pêche et l’agriculture. « Les aides des pays du Nord à leur agriculture sont estimées à 500 milliards de dollars par an, les pays du Sud ont demandé à ce qu’une partie de cet argent soit réorientée vers le financement de projets de protection de la biodiversité », témoigne Sébastien Moncorps, directeur du comité français de l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature) qui a assisté aux négociations.

Pas de contraintes juridiques

Autre objectif à atteindre d’ici à 2020 : la résilience des écosystèmes et la contribution de la diversité biologique aux stocks de carbone devront avoir été améliorées, « grâce aux mesures de conservation et restauration, y compris la restauration d’au moins 15 % des écosystèmes dégradés, contribuant ainsi à l’atténuation des changements climatiques et l’adaptation à ceux-ci, ainsi qu’à la lutte contre la désertification ».
Mais toutes ces mesures ne sont que des recommandations, l’accord ne comportant pas de caractère légalement contraignant. Autre lacune de l’accord : il ne s’applique pas aux Etats-Unis – et à leurs entreprises – qui n’ont en effet jamais ratifié la CDB lancée en 1992 (au sommet de Rio).
Point de discussions intenses entre les négociateurs, l’accès aux ressources génétiques et le partage des avantages issus de leur utilisation a également pu faire l’objet d’un compromis. Les pays abritant des plantes et animaux qui fournissent des molécules aux secteurs de la pharmacie ou de la cosmétique pourront en récupérer une partie des revenus.

Les financements au menu de négociations en 2012

L’IPBES, équivalent du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) pour la biodiversité, n’était pas à l’ordre du jour de Nagoya, mais sa création devrait être confirmée lors de la prochaine réunion de l’assemblée des Nations unies au mois de décembre. Il doit permettre d’établir un état des lieux de la biodiversité mondiale et d’éclairer les décisions politiques.
« Le protocole de Nagoya est historique », a salué le directeur général de l’association écologiste WWF international, Jim Leape. La France a annoncé, dès le 28 octobre, le doublement de son aide à la protection de la biodiversité d’ici 2012, portant ses soutiens à plus de 200 millions d’euros. « Après Copenhague, l’échec de Nagoya n’est pas permis », avait alors indiqué la secrétaire d’Etat à l’Ecologie, Chantal Jouanno. Cette question des ressources financières n’a pas encore été abordée. Elle sera au menu de l’acte 2 des négociations qui se tiendra en Inde, en 2012.

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