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Fruits secs/Innovation  Un Air d’Ici souffle sur le marché de l’apéritif

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Jeune entrepreneur à la tête d’une PME spécialisée dans les fruits secs et produits d’apéritif, Franck Bonfils ne manque pas d’ambition. Grâce à un marketing innovant et décalé, ce Vauclusien a réussi à faire passer sa production de 500 kilos à 400 tonnes en 6 ans et à se faire une place dans des linéaires déjà bien occupés par la concurrence. Sa société, baptisée Un Air d’Ici, devrait ainsi totaliser cette année un chiffre d’affaires de l’ordre de 3,5 à 4 millions d’euros. Une expansion qui devrait être portée par « Ice Fruits », nouvelle référence et « coup de cœur » de l’espace « Tendances et innovations » du prochain Sial.

A 31 ans, Franck Bonfils se sent pousser des ailes. Et pour cause : l’activité de sa PME s’envole. Située sur le marché mature et plutôt encombré des fruits secs et produits d’apéritifs, Un Air d’Ici voit son chiffre d’affaires pratiquement doubler chaque année. Son jeune p.-d.g. prévoit ainsi 3,5 millions d’euros de facturations pour 2006 contre 2 millions d’euros l’an passé. Cette croissance vigoureuse devrait être soutenue par « Ice Fruits », sa nouvelle gamme de fruits frais déshydratés sucrés, l’un des « coups de cœur » de l’espace Tendances et Innovations du prochain Sial. Une distinction inespérée pour une première participation au salon. « Je me bats contre des groupes qui dépensent en R&D deux fois mon chiffre d’affaires», rappelle Franck Bonfils. « L’originalité d’Ice Fruits se situe dans l’utilisation détournée du produit», explique-t-il. Vendus dans une boîte ronde stylisée, ces simples petites fraises, tranches de kiwis ou morceaux de pommes déshydratés sont en effet destinés à être glacés ou figés dans des glaçons pour aromatiser cocktails et boissons. « Un produit inventif et décalé » selon l’avis du jury du Sial, qui résume à lui seul le credo de Franck Bonfils : créer, bousculer et surprendre avec des recettes ou des packaging originaux.

De l’artisanat au stade industriel

Son affaire était pourtant loin d’être gagnée d’avance. En 1999, lorsqu’il reprend « pour pas grand-chose » l’entreprise d’un marchand de cacahuètes de son village vauclusien, le jeune diplômé de Sciences-Po se lance dans l’artisanat : il grille lui-même ses 500 kg d’arachides par mois, et les distribue dans des bars locaux. Rapidement, Franck Bonfils démarche la grande distribution et réussit à introduire son produit au niveau régional. Le dirigeant s’appuie sur des packaging inattendus et innovants pour « théâtraliser (son produit) et le faire ressortir du rayon. » Les marques « Un Air d’ici » et « Cacahuètes de bistrots » sont déposées. En 2003, le passage à une distribution nationale pousse la société provençale à changer d’envergure : une gamme complète de produits est mise sur pied et le système de production passe au stade industriel. Afin d’assurer l’approvisionnement de ses 5 tonnes de cacahuètes mensuelles, Franck Bonfils investit et prend « une part symbolique » du capital de l’un de ses fournisseurs, une PME espagnole basée près de Valence.

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Objectif : 15 millions d’euros de CA d’ici 5 ans

Toujours installée au village de Gigondas, au nord de Carpentras, Un Air d’Ici aura ainsi commercialisé cette année entre 400 et 500 tonnes de produits apéritifs sur le circuit GMS, avec un portefeuille d’une centaine de références, du cajou salé au pavot bleu en passant par le sésame doré ou les graines de tournesol. Poussée par Auchan, sa nouvelle marque « Ice Fruits » devrait être disponible en linéaires dans dix jours, dès l’ouverture du Sial. Une nouvelle étape pour un entrepreneur qui ne manque pas d’idées… et d’ambition. Son objectif ? « Arriver d’ici 5 ans à un chiffre d’affaires de 15 millions d’euros». « Voir des PME réaliser une activité de 100 millions de francs m’a toujours fait rêver », se justifie Franck Bonfils. Son équipe de 5 personnes devrait déjà s’enrichir en 2007 de trois nouveaux salariés, dont… un directeur export ! Une expansion sur les marchés étrangers concluante pourrait se doubler d’un investissement industriel en Provence. « Il n’y a pas d’outils appropriés ici, tout ce qui est déshydraté vient d’ailleurs, déplore le p.-d.g. Et vendre de la garriguette dans Ice Fruits serait plutôt intéressant ». Un garçon plein d’avenir, avez-vous dit ?