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Pollution de l'air Un appel à différer les travaux agricoles fait bondir les cultivateurs

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Les recommandations gouvernementales liées à la pollution de l'air interpellent l'Association générale des producteurs de blé (AGPB) et la Coordination rurale, qui soulignent la difficulté de repousser les travaux dans les champs.

REMETTRE à plus tard des travaux dans les champs est « toujours source de risques » pour les récoltes, prévient un communiqué de l'AGPB le 17 mars. « Ces recommandations viennent après une saison exceptionnellement pluvieuse où il n'était pas possible de pénétrer dans les champs sauf à dégrader les sols et embourber le matériel, où il était préconisé par ailleurs aux agriculteurs de ne pas engager lesdits travaux de printemps, pour ne pas risquer de polluer nappes et cours d'eau », explique-t-elle. « Si l'on ne travaille pas en agriculture quand il pleut et qu'il ne faudrait pas le faire non plus quand il fait enfin beau, quand travaille-t-on ? » demande l'organisation.

La Coordination rurale abonde : « Repousser davantage le travail dans les champs serait pour les agriculteurs, qui ont pris un énorme retard à cause d'un temps excessivement pluvieux depuis le mois de novembre, une grave faute professionnelle et déontologique avec la sanction de récoltes piteuses pour cette année 2014 », clame-t-elle dans un communiqué du 17 mars.

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Le ministère de l'Agriculture a invité le 15 mars les agriculteurs à « restreindre ou reporter » les épandages de fertilisants minéraux et organiques et les travaux du sol, face au pic de pollution aux particules fines dans plusieurs régions. Philippe Martin, ministre de l'Ecologie, a lui aussi demandé le 17 mars aux agriculteurs « chaque fois que cela sera possible, en concertation avec l'Etat comme c'est aujourd'hui le cas en région Rhône-Alpes, de différer certains travaux agricoles et de prendre leur part, comme ils le font à chaque fois, à un retour à la normale ». Il a précisé que les préfets devaient localement décider de demander ces reports aux agriculteurs. « À chaque exploitant de mesurer jusqu'où il peut concilier recommandations du ministère et prise de risque », estime l'AGPB.

L'agriculture responsable de 20 % des émissions de particules fines

LE secteur agricole et sylvicole représente 20 % des émissions de particules fines (9 % liés aux cultures, 7 % liés à l'élevage), selon un rapport national du Citepa (Centre interprofessionnel technique d'études de la pollution atmosphérique) publié en avril 2013. En cause, les moteurs d'engins, les travaux du sol et surtout les épandages d'engrais azotés. L'ammoniac dégagé dans l'air joue le rôle de précurseur de particules fines. Mais l'industrie manufacturière (31 %), le secteur résidentiel et tertiaire (30 %) restent les premiers pollueurs. Le transport routier contribue lui à 15 % des émissions de particules fines.