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Ministère de l’Ecologie Un appel à la recherche pour une étude à long terme sur les OGM

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Le ministère de l’Ecologie va constituer un consortium de recherche sur les effets sanitaires à long terme de la consommation d’OGM. Après l’Europe, qui a décidé de financer une étude de long terme sur les possibles effets du maïs NK603, la France lance ainsi son étude, en écho aux conclusions très médiatisées publiées fin 2012 par Gilles-Eric Séralini. Il s’agit aussi de poursuivre un programme national sur les risques liés aux OGM, lancé depuis 2010.

Après l’agitation médiatique autour de « l’étude Séralini », la recherche d’avis des agences d’expertise et organismes compétents en la matière et une réflexion de plusieurs mois, l’idée de mener une étude française sur la possible toxicité à long terme d’un OGM se concrétise. Le ministère français de l’Ecologie a en effet lancé, le 12 juillet, un appel à la constitution d’un consortium unique de recherche pour l’étude des effets sanitaires de la consommation sur une longue période de produits issus de plantes génétiquement modifiées. Objectif proposé : « améliorer les connaissances sur l’évaluation des effets sanitaires à long terme de la consommation d’OGM afin de contribuer à une meilleure analyse des risques dans ce domaine ». Doté de 2,5 millions d’euros, le consortium devra déboucher sur du concret, et « mettre en évidence les débouchés pratiques pour un appui aux politiques publiques », précise le texte de l’appel.
 
Un programme national
Cet appel au monde de la recherche fait bel et bien suite à la polémique soulevée par l’étude publiée par Gilles-Eric Séralini en octobre 2012 et qui concluait à des effets néfastes du maïs génétiquement modifié K603 et de l’herbicide RoundUp. Mais ce n’est pas sa seule raison d’être : le consortium s’inscrira, plus largement, dans le programme de recherche national lancé en 2010 « conformément au Grenelle de l’environnement » et baptisé Risk’OGM. Il consiste à travailler sur les risques environnementaux et sanitaires liés aux OGM, à produire de nouvelles connaissances et à faire le point sur celles déjà acquises. Le consortium devra donc s’appuyer sur la structure de gouvernance de ce programme national : un comité scientifique et un comité d’orientation ouvert aux « parties prenantes ».
 
Une étude européenne
Par ailleurs, l’Europe a également décidé de financer une étude de toxicité à long terme (2 ans) sur le maïs NK603 et a mandaté l’Efsa, l’autorité européenne de sécurité sanitaire, pour en définir le protocole. Et les candidats français à l’appel devront tenir compte de cette étude européenne lorsqu’ils postuleront. Le temps imparti pour candidater est d’ailleurs court : la date butoir est fixée au 20 septembre. Sont invités à répondre les laboratoires publics ou privés, les centres de recherche, les centres techniques, publics, parapublics, privés, les associations, voire des équipes étrangères qui seraient « partie prenante dans une proposition coordonnée par un laboratoire français ».
 
Des précautions
Enfin, seul un projet sera retenu, « réunissant les équipes et les compétences nécessaires sous la forme d’un consortium de partenaires pilotés par un coordinateur unique ». L’appel avance en outre un certain nombre de précautions : une « attention particulière » sera accordée à « l’influence du fonds génétique de l’OGM choisi », au « rôle des conditions environnementales de sa culture », et aux « effectifs et au type d’animaux testés ». Sans doute pour tenir compte de certaines des objections qui avaient été adressées à l’étude publiée par Gilles-Eric Séralini.

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