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COOPÉRATIVE/RÉSULTATS Un bilan 2015 satisfaisant pour les coopératives

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En prélude au congrès annuel qui se tiendra mi-décembre, Philippe Mangin, le président de Coop de France, et Pascal Viné, son directeur délégué, ont commenté les résultats 2015. Le chiffre d'affaires s'est maintenu, tandis que la rentabilité nette est inférieure à 1%.

A quelques jours de la tenue de la tenue de son congrès annuel les 16 et 17 décembre à Paris, Coop de France a fait le bilan de l'année 2015, lors d'une conférence de presse. L'occasion pour son président Philippe Mangin d'évoquer son prochain départ et de présenter son seul successeur déclaré, en la personne de Michel Prugue, le président de Maïsadour. La nomination de ce dernier à la tête de Coop de France devrait être validée au congrès. A noter que Philippe Mangin conserve la présidence d'EMC2 et qu'il est candidat à sa succession à la présidence d'InVivo. S'il ne se voit pas comme « le président de la concentration » après 15 ans à la tête de Coop de France, Philippe Mangin n'en est pas moins fier du travail accompli et notamment d'avoir fait en sorte que « la coopérative agricole se dote d'une organisation à la hauteur de ce qu'elle représente sur le territoire » et d'avoir ainsi « obtenu un certain équilibre entre la part des entreprises coopératives et non coopératives ». Soulignant d'ailleurs que « la concentration est très en deçà de ce qui se passe en Europe », il a également insisté sur l'importance de la présence de leaders. « L'agroalimentaire nécessite beaucoup d'investissements et pour les porter il faut les reins solides. La naissance des gros n'a pas empêché le maintien des petits, au contraire », a ainsi expliqué Philippe Mangin.

HAUSSE DES FUSIONS-ACQUISITIONS

Sur les onze premiers mois de l'année, les coopératives ont réalisé 81 opérations de croissance externe, dont 52 pour les seuls mouvements entre coopératives, contre 73 opérations de fusions-acquisitions l'an dernier à la même période. En France notamment, Terrena est en train de finaliser la reprise du groupe Doux, et InVivo est devenu l'actionnaire majoritaire de la maison de négoce bordelaise Cordier Mestrezat. Et à l'international, Tereos a annoncé l'acquisition du premier distributeur indépendant de sucre en Europe, Napier Brown Sugar Limited, tandis qu'Agrial a acheté le groupe néerlandais Van Oers United et qu'Alsace Lait est entré à 38 % dans le capital de l'entreprise québécoise Chalifoux Sorel. Un mouvement qui traduit selon lui « une volonté d'organisation, dans une économie européenne et mondiale », sachant que « nos concurrents sont essentiellement européens ». Au final, le solde entre les acquisitions et les cessions réalisées par les entreprises coopératives en 2015 est positif de 364 millions d'euros, contre 491 millions en 2014.

FAIBLE RENTABILITÉ

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Pour 2015, les coopératives agricoles prévoient un chiffre d'affaires global de 85,1 milliards (estimation), contre 84,8 milliards en 2014. Rapporté au chiffre d'affaires, l'excédent brut d'exploitation (EBE) atteint 3 %, alors qu'après redistribution aux adhérents, la rentabilité nette n'est plus que de 0,9 %. Un niveau qui est « généralement plutôt de l'ordre de 2 % », a précisé Philippe Mangin.

Parmi les 2 700 entreprises coopératives dans le secteur agricole, agroalimentaires et agro-industriel, qui représentent en tout 40% de l'agroalimentaire français, 15 sont des grands groupes, 152 des entreprises de taille intermédiaire (ETI) et plus de 90 % des PME/TPE. « Un tissu extrêmement divers », a souligné Pascal Viné, le délégué général de Coop de France, non sans préciser qu'« en vingt ans, le nombre des coopératives a été divisé par deux ».

CONCURRENCE ENTRE COOPÉRATIVES

Concernant la saisine par le Haut conseil de la coopération agricole (HCCA) du problème de concurrence entre coopératives au nord de la Loire, Philippe Mangin souhaite qu'il aille « au bout de ses recommandations, mais sans aller jusqu'au ré-glementaire. Le principe de filialisation pour permettre l'industrialisation dans la coopération ne doit pas être remis en cause ». Une mission qui incombe à Henri Nallet, le président du HCCA, que Philippe Magin a qualifié de « pas facile ».