Si les vins tranquilles ont vu leurs exportations diminuer l’an dernier de façon très sensible, les ventes de champagne à l’étranger ont permis de limiter la casse, a rappelé Patrick Ricard, président de la FEVS en commentant les résultats de 2004.
« Notre secteur, comme nous l’avions anticipé, a sensiblement régressé en 2004, selon le président de la Fédération des exportateurs français de vins et spiritueux. Malgré la performance constante du champagne ainsi que d’un certain nombre de spiritueux, nos exportations ont davantage souffert d’un contexte économique général difficile, d’une parité euro/dollar particulièrement défavorable et de l’accentuation de l’agressivité commerciale de tous nos concurrents internationaux sur l’ensemble de nos marchés».
Selon le bilan établi par la Fédération des exportateurs, si 2004 a été une bonne année pour les vins effervescents, et en particulier les champagne (+4,8 % en valeur et +1,6 % en volume), la situation est par contre toujours très préoccupante pour les vins tranquilles à appellation d’origine qui diminuent de 8,6 % en volume et de 11,9 % en valeur. Les vins de pays enregistrent, quant à eux, une bonne année (+44,8 % en volume, +6,6 % en valeur), confirmant certainement l’intérêt des consommateurs pour les vins de cépages.
Vin : Seul le Japon progresse
Sur le plan géographique, les dix principaux marchés pour le vin français (qui représentent 85 % de nos exportations) affichent des résultats négatifs à une seule exception, celle du Japon. Le Royaume-Uni et l’Allemagne accueillent, tous les deux, 40 % des vins français exportés malgré des baisses significatives l’an dernier. Au Royaume-Uni, hors champagne, tous les vins français sont en chute ou au mieux stables comme le bourgogne ou les vins de pays. Belgique et Pays-Bas restent deux destinations privilégiées tout comme les Etats-Unis. Ces cinq pays sont les seuls à franchir la barre des 10 millions de caisses. Parmi les autres marchés, il faut noter les baisses brutales des exportations françaises à destination du Danemark et de la Russie.
Aux Etats-Unis, l’évolution de la parité euro/dollar a été particulièrement pénalisante. Sur un marché où la consommation ne cesse de progresser, la part des vins français ne cesse de décliner au profit des vins du Nouveau Monde et, notamment de l’Australie, premier fournisseur des Etats-Unis en la matière, devant l’Italie. En valeur, comme en volume, le Royaume-Uni conserve la tête malgré un recul des facturations. Dans ce top 10, le Japon fait encore figure d’exception (avec la Russie), le bilan financier 2004 étant légèrement positif. Sur tous les autres marchés, les ventes sont en régression, et parfois de manière brutale comme au Danemark et en Suisse.
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Spiritueux : la Chine arrive
Dans le domaine des spiritueux, les exportations 2004 marquent une légère progression en valeur (+1,6 % ) mais en volume elles chutent de 10,1 %. Le cognac enregistre une bonne progression (+6,1 % en volume et +0,7 % en valeur), les autres eaux-de-vie de vin, en recul, confirmant leur caractère cyclique. Au plan géographique, les Etats-Unis sont de très loin le premier marché des exportateurs français, tant en volume (22,3 % de part de marché) qu’en valeur (36,5 %). Si les expéditions de vins français outre-Atlantique ont progressé en volume (grâce au rhum principalement), elles sont stables en valeur.
En volume, les expéditions à destination de l’Allemagne, de l’Italie, de la Belgique et dans une moindre mesure du Japon, chutent.
En revanche, les exportations vers Singapour sont en très forte hausse, le cognac et les liqueurs étant les principaux artisans de cette performance.
En valeur, les spiritueux se comportent plutôt bien. Même en Allemagne, où le chiffre d’affaires des exportateurs français est relativement stable en regard d’une vraie contre-performance en volume. Les seuls déclins notables sont observés au Japon et en Belgique. A noter l’apparition de la Chine dans ce top 10, les exportations (grâce au cognac et aux liqueurs) ayant progressé de 50 % en valeur sur des volumes qui restent relativement faibles.