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Inra Un budget en hausse de 3 % pour 2005

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Satisfaction pour la p.-d.g. de l’Inra, Marion Guillou : à 614 millions d’euros, le budget de l’Institut national de la recherche agronomique (Inra) est en progression de 3,1 %, ce qui va permettre de maintenir le recrutement des chercheurs. La direction de l’Inra est en train de préparer son prochain contrat avec l’Etat sur quatre ans, et cherche à améliorer son organisation. Dans ce cadre, Marion Guillou souhaiterait davantage formaliser le partenariat avec le monde agricole.

Marion Guillou, p.-d.g. de l’Inra, Institut national de la recherche agronomique, était fière d’annoncer le 14 décembre que son budget pour 2005 va progresser de 3,1 % par rapport au budget primitif de 2004, à 614 millions d’euros. Ce budget a été adopté au conseil d’administration du 8 décembre. Les ressources propres de l’institut, provenant pour les deux tiers de contrats de recherche avec d’autres organismes ou des sociétés, s’élèveront à 114 millions d’euros, soit une augmentation de 5,7 %. La subvention de fonctionnement augmente, quant à elle, de 3 % pour atteindre 92 ME, et les crédits de personnels de 2,4 % pour peser 408 ME.

Augmenter la qualification du personnel de l’Inra

« L’Inra représente 6 % du budget de recherche de l’État », souligne Marion Guillou. Une part stable au cours des huit dernières années. Le CNRS pèse pour 25 % dans ce budget civil, l’Inserm (recherche médicale) pour 5 % et la recherche universitaire pour 6 %. « Après un énorme trou en crédits de paiement en 2002-2003, nous allons pouvoir remplir tous nos engagements de recherche et maintenir le recrutement des chercheurs», estime Marion Guillou. Il est prévu de recruter 67 chargés de recherche, 41 directeurs de recherche et 160 ingénieurs et techniciens. « Nous aurons la possibilité de recruter 20 contractuels de haut niveau, qui s’ajoutent aux 30 contractuels recrutés l’an passé », explique-t-elle. « A poste budgétaire constant, nous continuons à diminuer le nombre de postes de façon à augmenter la qualification de ces postes au fur et à mesure des départs en retraite, car nous avons moins besoin d’ouvriers au profit des techniciens. »

Prospective sur la ruralité et les échanges mondiaux

La direction de l’Inra est actuellement en pleine réflexion sur la préparation du prochain contrat avec l’Etat sur quatre ans, qui sera passé fin 2005. « Il nous paraît essentiel d’avoir une vision à dix ans, et non quatre, afin de se fixer des priorités », estime la p.-d.g. de l’Inra. En plus des thématiques déjà étudiées, Marion Guillou souhaiterait mettre l’accent sur la valeur alimentaire des produits agricoles ; la densité nutritionnelle des aliments, notamment au niveau des micro-nutriments ; la problématique « eau et agriculture » ; puis les maladies des plantes et des animaux. « Comment évolue la migration des parasites dans un contexte d’augmentation des échanges et de modification des climats ? », se demande-t-elle. A plus long terme, parmi les sujets de prospective, l’Inra a un projet de recherche sur la ruralité et un autre, en relation avec le Cirad, sur les échanges de biens agricoles au niveau mondial.

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Se libérer des lourdeurs administratives

L’Inra se pose aussi des questions sur la perfomance de son organisation. Marion Guillou voudrait avoir les mains plus libres : « Nous avons besoin de simplifier les procédures entre les unités de recherche et notre institut », considère-t-elle. Par exemple, actuellement, pour recruter un CDD, il faut la signature du contrôleur d’Etat du ministère du Budget. « Il nous faut trois mois, contre trois jours dans les instituts d’autres pays de l’UE, s’insurge-t-elle. On nous gère comme une administration alors que nous sommes en concurrence au niveau international, et tout cela sans apporter aucune sécurité au budget de l’Etat ».

Améliorer le partenariat agricole

Une réflexion est aussi en cours sur l’organisation du partenariat, notamment avec le monde agricole. « Actuellement, ce partenariat est relativement informel et se fait par contact direct entre individus. Il faut davantage l’encadrer, avec des rencontres plus formelles, avec la signature d’accords de partenariat. C’est ce que nous avons fait avec les semences paysannes ainsi qu’avec l’APCA le 15 décembre » (voir dans ce même numéro). Quant au partenariat avec les autres instituts de recherche, « il faut arriver à un seul opérateur qui négocie les contrats quand on présente des appels d’offres communs avec d’autres organismes de recherche, explique Marion Guillou. Nous avons déjà signé un accord dans ce sens avec le CNRS».