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Fonds d’investissement Un capital de 120 à 150 millions d’euros prévus pour Agro Invest

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Officiellement présenté le 29 mai, Agro Invest, fonds d’investissement auquel participe notamment Sofiprotéol, le Crédit agricole Nord-Est et la Caisse des dépôts, veut se spécialiser dans le secteur de l’agro-alimentaire. Objectif des actionnaires principaux : faire émerger des leaders.

Créée officiellement début mai, la société d’investissement Agro Invest dispose d’ores et déjà de 80 millions d’euros. Actionnaires principaux ayant participé à l’élaboration du projet, Sofiprotéol, CDC entreprises (filiale à 100 % de la Caisse des dépôts) et Crédit Agricole Nord-Est ont investi 55 millions d’euros, à raison de 20 millions d’euros chacun pour les deux premiers, et 15 millions d’euros pour le troisième. Les caisses régionales du Crédit agricole, Prédica et Natixis, les ont rejoints, apportant au total 25 millions d’euros. Un second tour de table est engagé afin de doter Agro Invest à terme de 120 à 150 millions d’euros. Il doit se terminer dans un an. « Notre objectif est d’accompagner ou de faire émerger par regroupement des PME, plutôt grandes ou moyennes, leaders ou quasi-leaders dans les segments de l’agroalimentaire ou de l’agro-industrie », a signalé Jean-Louis Ruatti, président du directoire d’Agro Invest, en conférence de presse le 29 mai à Paris.

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Capital transmission et capital développement

Pour les dirigeants du fonds, le secteur agro-alimentaire est propice aux investissements pour plusieurs raisons : la poursuite de la concentration semble nécessaire dans un secteur qui compte 10 000 entreprises industrielles dont 3 000 seulement avec plus de 20 salariés, de nombreux chefs d’entreprise arrivent à la retraite sans forcément avoir de successeurs, et de nouveaux créneaux se développent avec l’émergence des usages non alimentaires des produits agricoles. Pour Xavier Beulin, président de Sofiprotéol, Agro Invest constitue un moyen « d’assurer une valorisation optimisée des matières premières agricoles », dans un contexte où les politiques publiques régulent de moins en moins le marché. Agro Invest compte intervenir sur le capital transmission ou sur le capital développement. « Nous n’apportons pas seulement de l’argent, mais aussi des idées qui créeront de la valeur dans les entreprises », a expliqué Jean-Louis Ruatti. « Nous ne sommes pas court-termiste », a insisté Jérôme Gallot, président de CDC entreprises. L’équipe d’Agro Invest, qui doit compter à terme six personnes, pourra donner du temps aux différents projets, en tant qu’administrateur, par exemple. Le fonds d’investissement ne se veut pas forcément majoritaire dans tous les projets. Mais son objectif restera de faire émerger une dynamique, donc de trouver un accord sur un projet de gouvernance. Agro Invest devrait soutenir au total 7 à 10 investissements sur une durée de 6 à 8 ans, soit un « ticket » maximal de 15 millions d’euros par projet. Pour augmenter les moyens sur un projet, les dirigeants se donnent la possibilité de faire appel à d’autres fonds. Agro Invest fait suite à Agroplus, fonds d’environ 30 millions d’euros auquel participait déjà Sofiprotéol. En 15 ans d’existence, celui-ci a soutenu 25 opérations. Changement de philosophie, donc.