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Un cas de vache folle confirmé dans les Ardennes

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Une vache de cinq ans, euthanasiée à la suite d’un accident, a été déclarée positive à l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) ou maladie de la vache folle. Un cas isolé mais qui redonne le statut de pays « à risque maîtrisé » à la France, lui fermant probablement des frontières à peine rouvertes.

Le ministère de l’Agriculture a confirmé par voie de communiqué, le 24 mars, la découverte d’un cas d’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) sur une vache de cinq ans, de race Salers, dans les Ardennes. « Il s’agit du troisième cas isolé d’ESB de ce type détecté en Europe depuis 2015 », annonce le ministère. Les deux cas précédents se trouvaient en Irlande et en Grande-Bretagne, mais les enquêtes épidémiologiques qui ont suivi n’ont pas permis de découvrir le mode de contamination. Selon le préfet des Ardennes, Frédéric Perissat, la vache mise en cause « a été blessée dans le cadre d’une insémination et a dû être euthanasiée » et conformément au protocole en matière de prévention, elle a subi des tests de détection de l’ESB à l’équarrissage. « Ce cas isolé a été notifié ce jour à la Commission européenne et à l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE) », selon le ministère. Cette déclaration aura pour effet de modifier le statut de la France vis-à-vis de cette maladie alors que la France venait de passer en pays « à risque négligeable » il y a moins d’un an. Cette requalification récente lui avait notamment permis de rouvrir l’accès à certains pays comme l’Arabie Saoudite, le Canada, Singapour, le Vietnam ou l’Afrique du Sud. De fait, il est fort probable que ces pays referment leur frontière. La découverte de ce cas d’ESB est donc « une mauvaise nouvelle mais les conséquences économiques directes et réelles seront limitées », selon le ministère qui précise bien que « la détection de ce cas n’a aucune conséquence pour le consommateur ». Le 24 mars était publiée au bulletin officiel du ministère de l’Agriculture la liste des matériels à risques spécifiés (MRS), à retirer de nouveau des carcasses des bovins abattus.

Une enquête épidémiologique lancée par le ministère

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La découverte de ce cas d’ESB : « une mauvaise nouvelle mais des conséquences économiques directes et réelles limitées », selon le ministère

Une réunion avec les membres du Conseil national d’orientation de la politique sanitaire animale et végétale (CNOPSAV) doit se tenir le 25 mars « afin de présenter les mesures de gestion à mettre en œuvre » par la suite, selon le ministère. De plus, « une enquête épidémiologique a été également lancée pour recueillir les informations en vue de mieux comprendre l’origine de la maladie », annonçait le ministère le 22 mars. Stéphane Le Foll devrait également « solliciter la Commission européenne afin qu’elle saisisse l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) pour mieux comprendre l’origine et la cause de ces cas isolés chez des bovins jeunes ». D’après des experts de la Direction générale de l’alimentation (DGAL), tous les animaux ayant été en contact avec le sujet malade ou bien liés à lui par filiation seront éliminés. En effet, depuis la fin des farines animales, la filiation est le seul mode possible de contamination. Les vaches appartenant à la « cohorte » de l’animal mort de l’ESB devraient être abattues d’ici une trentaine de jours. Il s’agit des bovins de l’élevage incriminé, âgés de +/– un an par rapport à la vache déclarée positive à l’ESB et qui donc « risquent d’avoir été exposés à la même source alimentaire ». Les veaux « nés depuis moins de deux ans » de la vache malade seront également abattus. D’après Frédéric Perissat, cela concerne une soixantaine d’animaux sur l’exploitation et une quarantaine qui ont déjà été exportés. « La DGAL va suivre le parcours de ces 40 bêtes déjà abattues ou consommées », a-t-il souligné.