Après les deux cas découverts en Lituanie, un nouveau sanglier porteur de la peste porcine africaine a été identifié en Pologne à proximité de la frontière biélorusse. Un événement qui ne devrait pas faciliter les discussions entre l'Europe et la Russie qui impose depuis fin janvier un embargo sur les importations de porc en provenance de l'UE.
Les autorités sanitaires polonaises ont eu la confirmation le 17 février qu'un sanglier porteur de la peste porcine africaine avait été découvert dans le pays à moins d'un kilomètre de la frontière biélorusse où la maladie est présente. La découverte de deux cas de cette maladie en Lituanie a entrainé la mise en place fin janvier par la Russie d'un embargo sur les importations de porc de l'UE(1). Depuis, malgré des contacts entre autorités sanitaires russes et européennes aucune solution n'a été trouvée. Le commissaire européen à la santé, Tonio Borg, a réaffirmé lors du Conseil agricole du 17 février que les mesures prises par l'UE étaient suffisantes et que la décision russe était disproportionnée. Comme c'est déjà le cas pour la Lituanie, la Commission européenne a adopté le 18 février un dispositif de régionalisation en Pologne avec la mise en œuvre dans une zone délimitée de restrictions d'urgence interdisant tout mouvement de porcs vivants, de semences, d'ovules et d'embryons de porcs provenant de la zone infectée.
Pas de mesures de crise à ce stade« 650 cas ont été découverts en Russie contre 3 cas dans l'UE », a souligné, dépité, le commissaire européen. Tonio Borg a également regretté que le ministre russe de l'agriculture refuse de le rencontrer. Interrogé sur la possibilité de porter l'affaire devant l'Organisation mondiale du commerce (OMC) il a répondu que son intention n'était pas de provoquer « une escalade » mais qu'il n'excluait toutefois aucune solution. Une réunion est prévue le 20 février à Vilnius (Lituanie) entre les directeurs généraux des agences sanitaires russe et européenne. Le commissaire européen espère que l'envolée des prix aux consommateurs de la viande de porc en Russie depuis la mise en place de l'embargo, qui selon lui atteindrait jusqu'à 35 %, va pousser les autorités de ce pays à revenir sur leur décision.
En attendant, à ce stade, la Commission qui estime que le marché européen n'est pas en crise ne prévoit aucune mesure de compensation des pertes des producteurs. La Lituanie a néanmoins déjà commencé à évaluer les pertes subies par ses producteurs afin de solliciter Bruxelles. Mais les seuls soutiens que la Commission est pour le moment prête à débloquer sont pour la mise en place de mesures de désinfection des camions en provenance de Biélorussie et de Russie. Une partie de cette aide pourrait également être accordée à la Biélorussie. La Commission européenne a déjà débloqué 2,5 millions d'euros afin d'aider les pays baltes et la Pologne à prévenir le risque d'arrivée de la maladie depuis ces pays voisins(2).
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(1) Voir n° 3433 du 03/02/2014
(2) Voir n° 3413 du 16/09/2013