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États Unis Un cas supposé de vache folle bloque les exportations bovines

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C’est dans le Nord-Est des États Unis, au sein de l’État de Washington, qu’a été découvert un cas suspect de vache folle, a déclaré Ann Veneman, secrétaire d’État à l’Agriculture, le 23 décembre. Sans attendre la confirmation de ce cas, les principaux pays d’Asie ont annoncé la suspension des importations de viande bovine américaine. L’Union européenne « suit la situation avec attention » mais n’a pas pris de mesure de blocage sur des importations qui, au demeurant, sont devenues assez faibles. Les États Unis exportent environ 10% de leur production de viande bovine, principalement vers l'Asie.

« Une seule vache de l'État de Washington a été testée positive à la maladie de la vache folle», a déclaré la secrétaire américaine à l'Agriculture lors d'une conférence de presse. Il s'agit du premier cas suspect de vache folle aux États-Unis. Le premier cas sur le continent nord-américain avait été enregistré au printemps dernier au Canada.

« Malgré cette découverte, nous continuons à avoir confiance dans notre sécurité alimentaire. Le risque pour la santé humaine est extrêmement bas», a ajouté Mme Veneman, qui a précisé qu'il s'agissait pour l'instant d'un cas « suspect», non confirmé.

L'animal, qui vient d'une ferme près de la ville de Yakima dans l'État de Washington, a été repéré le 9 décembre. Des premiers tests ont indiqué qu’il était porteur de la maladie de la vache folle mais d'autres tests doivent encore être réalisés pour le confirmer. Un échantillon a été envoyé en Grande-Bretagne pour être testé.

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Le boycott de l’Asie

Sans attendre ces résultats, la plupart des pays d’Asie gros importateurs de viande bovine américaine ont décrété le 24 décembre un boycott sur celle-ci. Le Japon (qui accueille 32% des exportations américaines) a suspendu ses permis d’importation ; ce pays a ensuite été imité par la Corée du Sud, également un très gros importateur de viande américaine, ainsi que par Singapour, Taïwan et la Malaisie. Pour la Corée du Sud, les importations américaines représenteraient les deux tiers de sa consommation. Pour Taïwan ces importations équivalent à 20% de sa consommation. Hong Kong envisageait lui aussi une décision de boycott. Si elles se prolongeaient, ces mesures pourraient surtout profiter aux compagnies Australiennes dont les actions en bourse ont fortement augmenté à Sydney.

Une filière à 30 milliards de dollars

Hors d’Europe, le Canada attendait une confirmation du cas de vache folle avant de prendre une décision. Quant à l’Union européenne, qui impose déjà des restrictions aux importations de viande bovine américaine elle n’envisageait pas de mesure nouvelle au 24 décembre mais une porte-parole de l’UE indiquait que l’Union « surveille de près la situation ».

Aux États Unis, les professionnels et pouvoirs publics cherchent à dédramatiser la situation. L’organisation des éleveurs (NCBA) a rappelé que les importations de bœuf en provenance de pays où sévit l'ESB sont interdites depuis 1989, que les farines animales sont également interdites et que les États-Unis ont été «le premier pays sans cas déclaré d'ESB à organiser des tests de dépistage» sur son territoire. La filière bovine américaine a un chiffre d'affaires estimé au moins à 30 milliards de dollars par an (entre 27 milliards et 37 milliards selon les sources statistiques) avec des exportations représentant 3 milliards. Les Américains consomment en moyenne plus de 27 kg de viande de bœuf par an.