Dans un communiqué du 22 septembre, la Confédération paysanne s’est opposée au projet de création d’un centre d’allotement et de quarantaine de près de 4 000 bovins à Digoin en Saône-et-Loire. C’est là que son président Laurent Pinatel a d’ailleurs pris la parole le 26 septembre sur le sujet. Fin août, l’association Brigitte Bardot avait également envoyé un courrier à Stéphane Travert, dénonçant le projet.
Dans sa demande déposée en février 2017 à la préfecture, l’éleveur Daniel Viard écrit que son centre d’allotement « constitue la régularisation de son activité historique d’élevage d’un troupeau allaitant, associée à une nouvelle activité de préparation de jeunes bovins avant expédition vers des centres d’engraissement. » Les animaux seraient exportés vers l’Afrique du Nord, la Turquie, etc. Au terme du projet, lit-on dans le dossier de demande, « l’effectif instantané pourra atteindre un maximum de 3 910 bovins en préparation à l’exportation et un troupeau (inchangé) de 320 vaches allaitantes et leurs suites. » Les bovins du centre d’allotement resteront 5 semaines, ce qui porte à plus de 27 000 bovins présents sur la structure sur un an (avec ce que cela implique de transit de camion, effluents d’élevage, etc).
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La Conf’ estime que « le financement du projet est opaque ». Dans les documents mis en ligne sur le site de la préfecture, on peut lire dans le chapitre « capacités financières » que les partenaires bancaires de l’élevage sont la Banque populaire et le Crédit agricole. Puis : « Le financement du projet avec recours à un prêt moyen terme permettra l’amortissement rapide du projet. »
L’enquête publique a commencé le 22 août et s’est terminée le 22 septembre. L’enquêteur doit prononcer son avis consultatif d’ici un mois. « C’est la préfecture qui décide. L’avis de l’enquêteur n’est que consultatif », rappelle Agnès Vaillant, animatrice de la Conf’ de Saône-et-Loire. Le syndicat dénonce également une sous-estimation des besoins en eau. Selon un négociant exportateur, il est également peu probable que les bâtiments soient remplis toute l’année vu les fluctuations du marché. Le conseil municipal de Digoin a rendu un avis le 25 septembre affichant la volonté de la municipalité de maintenir l’activité agricole sur la commune. Mais elle s’interroge sur « les garanties apportées autour de ce projet notamment quant au nombre très important de bovins qui seraient accueillis et quant à la maîtrise des nuisances susceptibles d’être générées par cette activité ».