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 Grippe aviaire Un cinquième Etat américain touché par l’épizootie

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L’épidémie de grippe aviaire continue de s’étendre aux Etats-Unis, où un cinquième Etat vient d’être frappé. Mais le virus mortel pour les volailles et sans danger pour l’homme. Au Canada, en revanche, la souche de grippe aviaire detectée en février en Colombie Britannique s’avère être plus pathogène que précédemment annoncé. 

 

L'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA), qui a placé un nouvel élevage en quarantaine en Colombie Britannique, vient de révéler que la virus de la grippe aviaire découvert en février s’avère être plus dangeureux que précédemment annoncé.

Les experts de l'ACIA avaient initialement établi que seule la forme la plus faible du virus H7N3 se trouvait dans cet élevage de Colombie-Britannique à l'est de Vancouver, où 16 000 volailles avaient été abattues. Or, des résultats d'analyse indiquent que les deux formes du virus H7N3, soit faiblement et hautement pathogène, étaient présentes dans l'exploitation en question.

Les risques pour la santé humaine demeurent faibles, a cependant affirmé l'agence gouvernementale en expliquant que ce virus est différent du H5N1, responsable de la mort de 15 personnes au Vietnam et de sept personnes en Thaïlande.

Aux Etats-Unis, après les Etats de Pennsylvanie, du Delaware, du New Jersey et du Texas, la grippe aviaire a été identifiée dans l’Etat de Maryland. L’exploitation a été mise en quarantaine et 118 000 poulets ont été abattus. Le virus détecté, qui ne se transmet pas à l’homme, le H7, est le même que celui qui a frappé l’Etat voisin du Delaware, mais aucun lien n’a été établi entre les deux foyers par le Département américain de l’agriculture. Ce nouveau foyer pourrait inciter l’UE à faire preuve de prudence avant d’autoriser la reprise des importations communautaires d’oiseaux vivants et d’oeufs en provenance des Etats-Unis, décrétée début mars, suite à l’apparition d’un foyer très pathogène de grippe aviaire (HRN2) au Texas. Ce virus présente moins de risque pour la santé publique que le HRN1, mais il est tout aussi dévastateur pour les élevages.

Cet embargo a été instauré jusqu’au 23 mars et le Comité permanent de la chaîne alimentaire de l’UE doit réexaminer la situation le 22 mars. David Byrne fera le point sur ce dossier lors du prochain Conseil agricole prévu les 22 et 23 mars.

Les exportations de produits avicoles américains vers l’UE sont constitués principalement d’oeufs (7 200 tonnes en 2003) et de poussins d’un jour (452 000 têtes principalement de dindonneaux en 2003).

La Thaïlande espère pouvoir tourner la page au plus vite

La Thaïlande qui, avec le Vietnam, est le pays le plus touché par la grippe aviaire qui frappe durement l’Asie, estime pouvoir annoncer prochainement qu’elle a réusi à se débarasser de l’épizootie. Des responsables du ministère de l'agriculture ont indiqué le 9 mars que les campagnes d'abattage et la surveillance des provinces à risque avaient porté leur fruit et que la période de quarantaine de 21 jours après l’abattage expirait le 16 mars. A cette date, toutes les zones ayant eu des foyers seront déclarées

zones vertes et 69 jours plus tard les éleveurs pourront élever des poulets a indiqué le vice-ministre de l'Agriculture, Newin Chidchob, ajoutant qu'une nouvelle série de tests aurait lieu à la mi-mars.

La Thaïlande avait déjà souhaité se déclarer débarrassée du virus H5N1 fin février, mais de nouveaux foyers apparus le 16 février avaient rendu cet objectif irréalisable.

Pour sa part, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) s'est félicitée des efforts consentis par Bangkok pour éradiquer l'épizootie, tout en expliquant qu'il serait prématuré de déclarer la grippe aviaire éliminée. «Il est trop tôt pour se réjouir», a déclaré Somchai Peerapakorn, l'un des représentants de l'OMS à Bangkok.

Mise en garde de la FAO contre une reconstitution trop rapide des troupeaux

Selon la FAO, les pays touchés par le virus d'influenza aviaire H5N1 ne devraient pas reconstituer leurs troupeaux trop rapidement afin d'éviter une résurgence de la maladie. «La lutte contre la maladie connaît indubitablement des améliorations. Toutefois, nous craignons que le virus soit encore en circulation, même sans cas déclaré ou signe clinique de la maladie chez les animaux», a indiqué Joseph Domenech, Chef du Service de la santé animale.

 «Des mesures de précaution appropriées doivent être mises en place afin d'avoir la certitude absolue que les zones infectées sont exemptes de la maladie et le resteront », a-t-il ajouté.

 

Avant de reconstituer leurs troupeaux, la FAO estime que les pays doivent :

- prouver que le virus n'est pas en circulation en menant une recherche sur le virus ainsi que des enquêtes sérologiques et en introduisant des poulets qui ne seraient pas vaccinés (dits animaux sentinelles) sur les sites infectés afin de vérifier s'ils vont être ou non contaminés;

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-contrôler le mouvement des volailles et des produits contaminés afin d'éviter qu'ils ne réintroduisent le virus dans les zones saines;

- empêcher tout contact entre les oiseaux domestiques et sauvages;

- mettre en oeuvre une surveillance intensive des maladies afin de garantir que de nouvelles infections potentielles soient découvertes immédiatement.

Si les pays veulent reprendre leurs exportations, poursuit la FAO, ils doivent prouver qu'ils sont indemnes de la grippe aviaire, ce qui sera vérifié par des experts internationaux indépendants.

 

Les corbeaux sous surveillance au Japon

Le Japon a pris le 11 mars de nouvelles mesures pour surveiller les oiseaux sauvages après la découverte de corbeaux porteurs du virus de la grippe aviaire et suspectés d'avoir propagé l'épizootie.

Les cités de Tokyo et Osaka ont ouvert des lignes téléphoniques spéciales pour recueillir les témoignages d'habitants ayant repéré des oiseaux morts ou malades.

Au moins trois corbeaux, retrouvés morts, ont été testés positifs depuis mars dans l'ouest du Japon, dans la région d'Osaka et de Kyoto, où 220 000 volailles d'élevage ont été récemment contaminées par la grippe aviaire.

Les autorités locales n'excluent pas que le virus H5N1 ait pu se transmettre via les corbeaux. Ces oiseaux sont devenus un véritable fléau à Tokyo, où ils sont plus de 23 000.

Par ailleurs, en chine, seuls cinq élevages de volailles restaient encore sous quarantaine le 8 mars. Le ministère chinois de l’agriculture a lancé un appel à la vigilance devant un risque accru de retour de l'épidémie au moment où des oiseaux migrateurs gagnent le nord de la Chine avec l'arrivée du printemps, et alors que le commerce des volailles sur de longues distances reprend à travers le pays.

Suicides au Japon et en Inde

Un couple de propriétaires d'un élevage de poulets contaminé par le virus de la grippe aviaire, recensé comme le troisième foyer de l'épizootie au Japon, s'est suicidé. Le couple, qui dirigeait un établissement avicole était au coeur d'un scandale depuis plusieurs jours, accusé d'avoir tenté d'étouffer la découverte d'un foyer de grippe aviaire dans l'un de ses élevages.

L'éleveur était montré du doigt par les médias et par les autorités pour avoir sciemment poursuivi ses livraisons alors que des milliers de volailles périssaient.Le couple avait présenté des excuses publiques.

Par ailleurs, un petit éleveur de volaille, criblé de dettes, s'est suicidé en Inde en raison de la chute de la consommation et des cours du poulet, a rapporté un journal indien.

Bien que l'Inde ait affirmé être exempte de la grippe aviaire, l'épizootie sévissant en Asie a suscité de vives inquiétudes dans ce pays. Le secteur indien de la volaille a déclaré avoir enregistré des pertes supérieures à 133 millions de dollars.

(AC)