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Négociations climatiques Un compromis international à Durban pour trouver un accord d’ici 2015

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La conférence de l’Onu sur le climat, qui a débouché à Durban sur l’adoption d’une feuille de route vers un accord en 2015, a lancé officiellement un programme de travail dans le domaine de l’agriculture, en vue de prendre une décision à la fin de 2012 lors du prochain round de négociation au Qatar.

Les négociateurs internationaux sont parvenus dimanche 11 décembre, après une prolongation de 36 heures, à trouver un compromis sur le climat lors de la conférence de Durban. Les discussions se sont conclues par un compromis sur une feuille de route commune vers un accord en 2015 signé pour la première fois par tous les pays du monde. Cet accord pourrait entrer en application en 2020. L’Union européenne a eu beau tout faire pour que le futur accord soit juridiquement contraignant, le texte pourra finalement prendre la forme d’un « protocole, un autre instrument légal ou une solution concertée ayant une force légale », selon les termes retenus. « Nous avons franchi une étape dans ce processus, dont beaucoup disent qu’elle est comparable au mandat fixé à Berlin en 1995 pour adopter le Protocole de Kyoto », s’est félicité Nathalie Kosciusko-Morizet.

Prolongement du protocole de Kyoto jusqu’en 2020
D’ici à ce qu’un accord soit trouvé, l’UE, la Norvège et la Suisse se sont engagés à prolonger leur engagement dans le protocole de Kyoto au delà de 2012 – sa date d’expiration. Par contre la Russie, le Canada et le Japon qui avaient eux aussi signé le protocole ont refusé de renouveler leur participation. Le Canada est même devenu, le 12 décembre, le premier Etat à se retirer du protocole de Kyoto sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre, affirmant que cet accord « ne fonctionne pas » et que la « plate-forme de Durban » représente le chemin de l’avenir. De retour de la conférence sur le changement climatique en Afrique du Sud, le ministre canadien de l’environnement, Peter Kent, a justifié cette décision notamment par le fait que son pays courait le risque de devoir verser des pénalités, de 14 milliards de dollars, s’il restait signataire du protocole.
Le compromis de Durban, qui permet certes d’écrire une suite au protocole de Kyoto après 2012 et d’éviter un échec deux ans après la déconvenue de Copenhague, ne s’accompagne d’aucune révision des promesses des pays pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. Or celles-ci sont, à ce jour, largement insuffisantes pour contenir le réchauffement sous le seuil de 2°C, objectif affiché de la communauté internationale. Ce qui n’a pas manqué de faire réagir la plupart des associations de protection de l’environnement, lesquelles ont dénoncé un texte a minima qui dirige le monde vers un réchauffement de 4°C.

L’agriculture enfin intégrée aux discussions
Les négociateurs ont également approuvé la mise en place du mécanisme du Fonds vert, destiné à aider financièrement les pays en développement à faire face au changement climatique. Cependant, la question centrale de l’alimentation de ce fonds reste à ce jour largement sans réponse, alors que l’engagement pris à Copenhague, il y a deux ans, est d’aboutir à 100 milliards de dollars par an à compter de 2020.
Par ailleurs, la conférence de l’Onu a officiellement lancé un programme de travail sur le climat et l’agriculture dont la mise en œuvre faisait l’objet de pourparlers. Cette initiative, qui doit aboutir à la fin de 2012 à des décisions adaptées au secteur, était souhaitée par l’UE. Celle-ci rappelle que l’agriculture entre en ligne de compte non seulement pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre, mais également pour l’adaptation au changement climatique et la sécurité alimentaire.
Enfin, les négociations n’ont pas permis d’apporter beaucoup d’avancées en ce qui concerne la lutte contre la déforestation. L’une des principales décisions de la conférence sur le climat de Cancun en 2010 avait été d’intégrer les forêts dans la lutte contre le réchauffement climatique via le mécanisme REDD+ (Réduction des émissions dues à la déforestation et la dégradation des forêts).
Prochain rendez-vous international sur le climat l’année prochaine au Qatar.

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