Des ministres chargés de la construction ou de l’environnement se sont réunis le 7 février à Paris, afin d’évoquer la décarbonation du secteur du bâtiment. Parmi les solutions de plus en plus mises en avant : les constructions à partir de fibres végétales, comme le chanvre ou la paille.
Alors que s’enchaînent les records de chaleur sur le globe, les ministres chargés de la construction ou de l’environnement d’une cinquantaine de pays se sont réunis le 7 février à Paris. L’objectif : déterminer comment rendre le secteur du bâtiment moins émetteur et plus résilient, et trouver les moyens d’adapter la construction au réchauffement climatique. L’ONU prévoit un doublement des surfaces construites sur le globe d’ici 2060.
Or, la construction est « un secteur où les émissions mondiales de gaz à effet de serre continuent d’augmenter », relève le cabinet du ministre de la Transition écologique Christophe Béchu, co-organisateur de l’évènement avec l’Unep, l’agence onusienne chargée de l’environnement. La construction est notamment responsable de 21 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre et de 37 % des émissions de CO2 liées à l’énergie.
Une prise de conscience des effets du secteur
« On sent nettement qu’il y a une prise de conscience internationale de plus en plus grande des effets du bâtiment sur le réchauffement », a indiqué Frédéric Vallier, secrétaire général de la Fédération du chanvre (FIHO), à l’AFP. Et d’ajouter que « le chanvre poussait partout dans le monde jusqu’à la Deuxième Guerre mondiale, et a été évincé par le nylon et les matières synthétiques depuis, mais le monde est en train de redécouvrir ses extraordinaires possibilités pour l’agriculture et pour décarboner la construction ».
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Pour l’isolation des bâtiments, le chanvre, la paille ou le bois sont en plein boom en France. Malgré un coût encore élevé, ces produits biosourcés sont très demandés pour remplacer les matières plastiques ou minérales. Dans le quartier des Marnaudes à Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), une école maternelle est ainsi fabriquée à partir d’un mélange de bois, de paille et de terre. Cette technique vise à rendre la ville « plus résiliente face au changement climatique tout en accueillant confortablement de plus en plus d’élèves », souligne Charlotte Picard, l’architecte chargée du suivi du chantier, à l’AFP.
L’isolation et la construction en paille ont été développées aux États-Unis à la fin du XIXe siècle, avec les premières botteleuses à paille. En France, la première maison à ossature bois et isolée en paille, construite en 1920, tient toujours debout à Montargis (Loiret). Aujourd’hui, « quelque 10 000 bâtiments sont isolés avec de la paille » en France, précise son collègue Christophe Benoit, artisan et formateur en construction terre-paille. Depuis 2012, la France est l’un des rares pays au monde à disposer de règles professionnelles reconnues et d’assurances permettant la construction-paille.