Après Nicolas Sarkozy, qui était intervenu pour la première fois à un congrès de la FNSEA à Nantes l’an passé, c’est au tour de François Fillon, le Premier ministre, de se livrer à cet exercice le 2 avril à Poitiers. Ce 63 congrès de la FNSEA se déroulera sur fond de bilan de santé de la Pac. Les choix français annoncés par Michel Barnier, le ministre de l’Agriculture, continuent à faire débat au sein du syndicat.
Pas certain que les quelque 600 congressistes attendus pour le 63 e congrès de la FNSEA à Poitiers réservent à Michel Barnier, le ministre de l’Agriculture, le meilleur accueil. La Pac à la française présentée par le ministre le 23 février continue à faire débat dans le syndicat. Même si « personne ne parle de quitter la FNSEA », comme l’a rappelé Jean-Michel Lemétayer, son président, le 18 mars, « cela ne manque pas d’ambiance à la FNSEA ». « Mon souci est de préserver l’unité de la profession agriole et pas seulement celle de la FNSEA », a-t-il déclaré le 25 mars au congrès de la FNPL. « J’attends les débats du congrès, »souligne le leader du syndicat qui ne veut pas « mettre d’huile sur le feu ». Il compte sur le huis clos du 31 mars pour apaiser les tensions. « Je ne vois de débat qu’à la FNSEA. Preuve que l’on représente tout le monde », se rassure-t-il.
Mesures d’accompagnement
Comme cette année il n’y aura pas de rapport d’orientation, on risque de ne parler que des annonces du ministre au sujet de la Pac. Et son intervention le 1 er avril au soir risque d’être… mouvementée. En effet, Michel Barnier parlera avant François Fillon. Le Premier ministre prévu en clôture, est « attendu », souligne le président de la FNSEA. « Il serait important d’annoncer au congrès des mesures d’accompagnement » face aux décisions françaises sur la Pac, a précisé Jean-Michel Lemétayer. « Il faut une réponse claire en termes de compléments d’aides », résume-t-il. Le ministre a indiqué le 25 mars au congrès des producteurs de lait « préparer un plan d’accompagnement ».
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Conscient du risque de dissensions du syndicat lors des trois jours de congrès, Jean-Michel Lemétayer ne souhaite pas limiter ce grand rassemblement au seul débat sur la Pac. « Il y a d’autres dossiers en termes de revenu qui ont autant d’importance », rappelle-t-il. Et de citer les éleveurs de porcs : « Ceux de ma région sont plus sensibles au prix du kg de porc qu’à quelques dizaines d’euros de moins sur leur DPU (droit à paiement unique) ». Sans oublier la filière laitière « qui est devant une crise terrible ». « Je suis très inquiet pour ces deux secteurs », a résumé Jean-Michel Lemétayer.
Trois tables rondes
Trois tables rondes se dérouleront à partir du mercredi 1er avril en séance publique. La première table ronde, intitulée « Demain, quelles retraites dans quel régime ? » abordera trois axes : le montant des retraites agricole, l’intérêt pour les agriculteurs de maintenir ou non un régime spécifique et le statut de l’exploitant agricole. La deuxième table ronde traitera de la Pac sous un angle économique, « la valorisation de nos productions à l’épreuve de la Pac et de son budget ». Enfin, la troisième table ronde sera consacrée à un sujet plus léger : la communication. Une table ronde qui ne se bornera pas seulement à la communication, a tenu à rappeler Christiane Lambert, vice-présidente de la FNSEA. Il s’agit de savoir « comment cela se passe dans les salles de rédaction ? ». Le voile sera levé le 2 avril.