Face à une production qui atteint un excellent niveau et compte tenu d’un stock de report important, la France devra se montrer très active à l’export en blé. C’est le message qu’ont voulu faire passer les dirigeants de l’OniGC lors de leur conférence de presse mensuelle organisée le 8 octobre à Montreuil.
«Nous avons 12,5 Mt de blé qui sont disponibles pour l’export ou qui vont alourdir le stock de report », a indiqué Patrice Germain, directeur adjoint de l’OniGC (Office national interprofessionnel des grandes cultures), lors de la conférence de presse mensuelle de l’organisation qui s’est déroulée le 8 octobre à Montreuil. Avec 2,2 Mt de certificats demandés par la France depuis le mois de juillet, la campagne d’exportation a plutôt bien commencé. Mais il ne faudra pas relâcher l’effort. « Il faudrait, pour que l’on soit bien, que le rythme de ce premier trimestre d’export se maintienne sur quatre trimestres », a précisé Patrice Germain. L’Hexagone a pour l’instant un atout dans sa manche : le renforcement du dollar par rapport à l’euro, qui dope l’agressivité des exportateurs français. Mais en dehors des pays bordant la mer Baltique, l’ensemble de l’Europe ainsi que les pays du pourtour de la mer Noire connaissent des récoltes de blé bonnes à excellentes. La concurrence est rude pour gagner le droit d’approvisionnement les pays importateurs d’Afrique du Nord. D’autant plus que l’effondrement des cours du fret enlève un avantage au blé français.
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Du maïs au prix de l’intervention en Hongrie
Le blé aura également à affronter un concurrent de taille au plan national, le maïs. Compte tenu des niveaux de prix actuels, en décalage de 20 euros/t avec la céréale à paille, le maïs retrouve un avantage dans les formulations en alimentation animale. Dans son bilan, l’OniGC a relevé les perspectives d’incorporation de 300 000 tonnes, au détriment du blé. Du maïs en provenance du Brésil serait par ailleurs déjà en route pour l’Espagne, malgré les disponibilités européennes. Et en Hongrie, les prix Fob Danube sont déjà passés sous la barre des 100 euros/t, descendant même à 95 euros/t. Des volumes pourraient être offerts dès le 1 er novembre à l’intervention, sachant que pour la campagne 2008/2009, Bruxelles n’achètera pas plus de 700 000 tonnes dans toute l’Union. Un contexte qui plaide pour le maintien des outils de régulation, comme l’a souligné Rémi Haquin, président de l’OniGC. La campagne promet d’être agitée.