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Bruno Le Maire Un « effort rigoureux, durable et équilibré »

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Bruno Le Maire, le ministre de l’Agriculture interpellé, le 23 juin par Guy Vasseur, le président de la l’APCA sur « les marges de manœuvre limitées du budget de l’Etat », ne souhaite pas « créer d’ambiguïté » sur ce sujet. Evidemment l’agriculture ne fait pas exception à cette politique de rigueur qui ne dit pas son nom. « Il n’est pas question de faire des coupes claires dans le budget du ministère de l’Agriculture, mais de faire un effort de réduction de la dépense qui soit rigoureux, durable et équilibré » , a-t-il déclaré lors de la session des chambres d’agriculture.

«Je ne crois pas aux coups de haches brusques dans les budgets des ministères et ce n’est pas ce que demande le Premier ministre », affirme le ministre de l’Agriculture Bruno Le Maire. Il s’agit sur 5 ans de faire des économies à la fois sur « le fonctionnement et l’intervention » du ministère de l’Agriculture, de façon à participer à l’effort collectif de cette politique de réduction du déficit budgétaire français. « Je souscris à 1 000 % à cette politique », a-t-il affirmé. « Le jour où la France se retrouvera dans une situation budgétaire difficile. Le jour où la France aura décroché par rapport à d’autres Etats voisins, comme l’Allemagne qui, elle, aura fait les efforts nécessaires pour rétablir l’équilibre de ses comptes publics, vous pourrez tout essayer, pour aider les secteurs de l’économie françaises, cela ne sera plus possible », a-t-il expliqué. « On peut très bien y arriver sans créer de drames et que cela soit soutenable pour tout le monde », a-t-il rassuré.

Les « aides immédiates » sur la sellette
Le 9 mai dernier, le ministre avait tenu un discours moins rassurant suite aux annonces du François Fillon qui avaient indiqué que les dépenses de l’État seraient « gelées en valeur » entre 2011 et 2013. Bruno Le Maire avait reconnu qu’il ne « pourrait pas verser » certaines aides qu’il avait envisagées pour les agriculteurs. « Nous prendrons notre part à l’effort comme toutes les administrations », a expliqué Bruno Le Maire lors de l’émission Grand Jury RTL/ Le Figaro/LCI.
Bruno Le Maire a précisé qu’il s’agissait « d’aides immédiates que j’aurais souhaité verser, je ne dirai pas dans quelles filières, que je ne pourrai pas verser ». Conscient de l’impact d’un tel discours de vérité sur un monde agricole en crise, l’entourage du ministre tenait à se montrer rassurant : « Cette politique de gel des dépenses ne touchera pas ce qui a déjà été annoncé par le ministre ». Même message, une dizaine de jours plus tard, suite à l’intervention de Bruno Le Maire sur l’antenne de RMC. Il évoque alors le plan d’urgence annoncé par Nicolas Sarkozy dont les prêts représentaient une enveloppe de 1,8 milliard et indique qu’il « a sur son bureau 300 millions de demandes supplémentaires de prise en charge (..) qu’il ne pourra pas accepter ». Rappelons que les prêts sont accordés par les banques. Seules les bonifications d’intérêts sont à la charge de l’Etat dans ce plan. Pour la première mouture du plan il se chiffrait à environ 60 millions d’euros.

Plus de logique de guichet
Les futurs plans de développement des filières agricoles devraient échapper à cette rigueur budgétaire, indique l’entourage du ministre. Dans le cadre du bilan de santé de la Pac, deux mesures techniques permettent de débloquer de l’argent pour venir en aide aux secteurs laitiers par exemple comme l’article 68 et le fonds destiné « aux nouveaux défis » Ces possibilités pourraient être utilisées par la France dans le cadre du futur plan de développement de la filière laitière annoncé par Bruno Le Maire pour septembre. Mais certaines de ces mesures doivent être cofinancées par la France. Ce qui pourrait poser un problème en ces temps de vaches maigres. Du côté du cabinet du ministre, on assure que ce qui doit être fait dans le cadre de ces plans le sera. Les aides visées par le ministre lorsqu’il parle de remise en cause sont donc purement conjoncturelles et sectorielles. Elles regroupent « toutes les demandes qui ont été faites dernièrement ». On pense évidemment aux céréaliers dénonçant notamment les conséquences du bilan de santé de la Pac sur leur DPU à l’hectare qui sont pour l’heure toujours bredouilles malgré leur mobilisation.

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