Des agrobiologistes mènent au Change, près de Périgueux (Dordogne), un programme pour produire des semences naturellement résistantes. Mais ces semences ne pourront être ni vendues ni échanger car elles ne sont pas inscrites au catalogue commun des variétés. Les agriculteurs demandent une évolution de la réglementation.
Pour les producteurs bio, les semences industrielles donnent des plantes très productives en terme de rendement la première année, mais qui ne pourront pas être replantées les années suivantes pour cause de dégénérescence. En outre, ces plantes sont de grosses consommatrices d’eau et d’engrais et nécessitent d’importantes quantités de pesticides.
Sur plus de trois hectares, une centaine de variétés de céréales rares ou abandonnées, essentiellement du maïs, mais aussi du soja et du tournesol, ont été plantées au Change, dans le but d’obtenir des croisements pour produire naturellement de nouvelles espèces aussi performantes que celles des semenciers.
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« Elles sont testées in situ chez environ 80 paysans, dans tout le Sud-Ouest, pour les adapter à leur terroir», précise Patrice Gaudin, un des responsables de la plate-forme expérimentale. Les résultats, assure-t-il, sont prometteurs. « Les populations sont plus riches, en protéines notamment, moins exigeantes en eau et résistent beaucoup mieux aux maladies». Mais surtout, elles peuvent être replantées d’année en année.
Les initiateurs du programme butent cependant sur la législation nationale qui ne leur permet ni de vendre ni d’échanger leurs semences. Il faut en effet « qu’elles soient inscrites au catalogue commun des variétés» qui recense toutes les plantes pouvant être cultivées en France, explique Jacques Caplat, expert à la Fédération nationale de l’agriculture biologique (FNAB). « Cette inscription est trop chère pour les petits producteurs », poursuit-il, avant d’ajouter : « Il faut créer un nouveau cadre légal et se battre pour trouver des espaces de libertés pour les paysans ». (avec l’AFP)