Depuis le 25 janvier, les Suisses peuvent aller voir dans les salles de cinéma un film du réalisateur Urs Schnell et du journaliste Res Gehringer, tous deux alémaniques, intitulé Bottled Life - les affaires de Nestlé avec l'eau. Ce film, que la firme de Vevey a tenté de faire capoter, n’est pas totalement à charge, souligne toutefois l’agence de presse ATS. Il montre en effet les réussites de la société, comme dans l’Etat particulièrement riche en eau du Maine aux Etats Unis. Plus controversée est l’implantation de la marque Poland springs, en Pologne, certains louant les emplois créés, d’autres vilipendant la pollution induite. La charge la plus lourde concerne toutefois la présence de Nestlé dans les pays en voie de développement où la multinationale ferme les yeux sur certaines pratiques des dirigeants en place, souvent corrompus. Maude Barlow, responsable aux Nations Unies des questions liées à l'eau, décrit Nestlé comme « un prédateur à la recherche des dernières sources d'eau propre sur la planète ». Schnell et Gehringer montrent ainsi les conséquences des affaires menées par Nestlé au Pakistan et au Nigéria, où la multinationale rencontre un franc succès depuis plusieurs années avec la marque Nestlé Pure Life. A Bhati Dilwan, Nestlé pompe l'eau des nappes phréatiques et la revend à prix d'or aux Pakistanais aisés. Mais pour la population locale, l'entreprise n'a pas jugé bon d'installer ne serait-ce qu'un robinet en marge de l'usine, se plaint un habitant. Au Nigéria, une bouteille de Pure Life est plus chère qu'un litre d'essence. Pour la presse suisse, ce documentaire peut devenir « un désastre en termes de relations publiques pour le géant alimentaire ».
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