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Entreprises/Aides Un fonds solidaire pour aider les entreprises en difficulté

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Les entreprises agroalimentaires de Languedoc-Roussillon ont créé une coopérative pour venir en œuvre aux entreprises qui relèvent de difficultés. Constatant qu’il n’existait aucun outil de financement de sortie de crise adapté pour celles-ci, plusieurs entreprises agroalimentaires du Languedoc-Roussillon, fédérées au sein de LRIA, ont créé à l’automne dernier Capital Rebond solidaire, une coopérative dont la fonction sera d’aider les sociétés à retrouver de l’allant.

« Cette idée revient à mettre en place une solidarité entre chefs d’entreprise pour pouvoir intervenir sur des situations difficiles », explique Bernard Kimmel, p.-d.g. d’Arcadie (plantes médicinales) « et permet de pallier une absence dans les dispositifs de financements pour les entreprises. » En cause, la frilosité des banques qui renâclent à aider les entreprises en phase de redressement. Capital Rebond Solidaire interviendra auprès du dirigeant en difficulté pour le conseiller pendant la période critique, puis éventuellement financièrement une fois la crise enrayée. « Cela va vite aujourd’hui, n’importe quelle entreprise peut connaître une ou deux mauvaises années suite à un accident industriel, le défaut d’un gros client, la maladie du dirigeant même… Les sociétés peuvent très vite se retrouver avec des fonds propres négatifs. » C’est là, selon Bernard Kimmel, que les banques font défaut alors que parfois la situation de crise est résolue. « L’exemple typique est un de ceux sur lequel nous avons travaillé, une fromagerie qui a été confrontée à un problème sanitaire pour lequel il a fallu des mois et des mois afin de trouver la solution, c’était l’eau. Mais pendant cette période, l’entreprise avait perdu ses marchés et aussi ses clients. Lorsque la production est repartie, il n’y avait aucun investisseur pour aider au redémarrage. »

Trois ou quatre opérations prévues

Pour intervenir, Capital Rebond solidaire disposera de plusieurs leviers, le prêt personnel au dirigeant d’entreprise, l’achat d’actions ou d’obligations (pour une période maximale de cinq ans) ou l’achat d’éléments d’actifs « dégageant une réelle plus-value pour l’entreprise (reconstitution de fonds propres) ». « Nous avons fait le choix de la coopérative pour conserver le côté désintéressé de l’opération, ce n’est pas de la spéculation », précise Bernard Kimmel. Les entreprises adhérentes achètent des parts de capital et c’est ce capital qui servira à intervenir dans les entreprises en difficulté. « Nous avons pour le moment une vingtaine d’adhérents qui ont signé, une vingtaine d’autres sont en cours d’adhésion, détaille Brigitte Bouillut, de LRIA. L’année 2013 sera consacrée à atteindre 50 adhérents, en espérant atteindre la centaine en 2014. » L’objectif est en effet de pouvoir disposer de 300 000 euros de fonds propres assez rapidement, voire 500 000 euros pour que la coopérative puisse bénéficier de la garantie OSEO. Tout en espérant que les collectivités territoriales viendront rapidement augmenter l’enveloppe disponible. Trois ou quatre interventions pourraient en outre être menées dès 2013 pour valider les procédures et les critères d’éligibilités mis sur pied pour cadrer le fonctionnement de ce fonds d’investissements à caractère solidaire.

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