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UE/Mercosur Un futur accord UE/Mercosur inquiète les organisations agricoles européennes

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Un accord de libre-échange entre l’UE et le Mercosur aurait un « impact catastrophique », notamment sur les secteurs européens de la viande, du sucre, des jus de fruits et du maïs, ont de nouveau averti les organisations professionnelles et coopératives agricoles de l’Union (le Copa-Cogeca) lors d’un séminaire qui s’est tenu le 2 mai au Parlement européen. Le même jour s’ouvrait à Asunción (Paraguay) une nouvelle session de pourparlers entre les deux parties.

«Sur la base des demandes formulées par les pays du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay, Venezuela en cours d’adhésion) en 2006, une étude réalisée par le Copa-Cogeca révèle que le secteur agricole de l’UE encourrait des pertes allant jusqu’à 13 milliards d’euros », a rappelé Gerd Sonnleitner, le président du Copa, au cours du séminaire organisé en collaboration avec l’association des premiers transformateurs de denrées alimentaires (Primary Food Processors, PFP) et avec le soutien des députés européens Jean-Pierre Audy et Michel Dantin. « Qui plus est, ces estimations ne tiennent même pas compte de l’impact sur l’emploi dans les zones rurales de l’UE, domaine dans lequel les pertes risqueraient d’être considérables », a-t-il précisé, se référant aussi à une récente étude des services agricoles de la Commission européenne selon laquelle un éventuel accord commercial avec le Mercosur aura un impact global « négatif » sur l’agriculture de l’UE, dont le revenu baisserait, selon les scénarios, de 0,5 % à 3,2 % (1).

Pas complémentaire avec le cycle de Doha

« Cette même étude montre que le Mercosur est déjà grand exportateur de produits agricoles et alimentaires vers l’UE, avec 86 % de nos importations de viande bovine et 70% de nos importations de viande de volaille. Ces pays fournissent en outre plus de 50 % de nos besoins en protéines végétales. Par ailleurs, ils exportent actuellement au-delà de leurs contingents tarifaires existants, ce qui montre bien qu’ils n’ont pas besoin de contingents tarifaires supplémentaires en franchise de droits pour accroître leur commerce vers l’UE », a poursuivi le président du Copa. « Un accord commercial bilatéral ne serait pas non plus complémentaire par rapport à un accord dans le cadre du cycle de libéralisation du commerce de Doha, lequel serait déjà coûteux pour le secteur agricole européen », a par ailleurs souligné M. Sonnleitner, ajoutant enfin que les importations en provenance du Mercosur « ne respectent pas les normes européennes élevées en matière de protection de l’environnement et de qualité » et qu’ « il existe encore de nombreuses préoccupations quant aux aspects de sécurité de la production de viande dans ces pays, par exemple concernant la traçabilité ».

(1) Voir n° 3298 du 02/05/11

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