Le succès populaire semble de nouveau installé pour le Salon de l’agriculture. Après quelques années de morosité, la fréquentation de la part du grand public est de nouveau en hausse vigoureuse. L’édition 2009, qui s’est déroulée du 21 février au 1 mars, a attiré plus de 670 000 visiteurs, soit 60 000 de plus que l’an dernier. Une hausse de plus de 10 % qui se conjugue, selon son président Jean-Luc Poulain, à une très bonne tenue de la consommation de produits sur place. La crise ne semble pas avoir eu d’effet sur cette manifestation qui, après la Foire de Paris et le Mondial de l’automobile (biennale), attire un record d’affluence : plus de 1 Français sur cent s’y rend chaque année.
La crise, connaît pas ! Telle pourrait être la conclusion d’une édition réussie du Salon de l’agriculture. La rencontre entre des visiteurs du grand public et des exposants du monde agricole a été un franc succès en dépit des nuages économiques qui s’amoncellent. Dans les allées du Parc des expositions de la Porte de Versailles, à Paris, les badauds ont déambulé sans relâche dans tous les halls. Ils étaient plus de 670 000 selon le pointage officiel des entrées, soit 10 % de plus qu’en 2008 dont l’édition s’affichait elle-même à 3 % de plus qu’en 2007. Les années moroses du temps des crises sanitaires sont oubliées.
Une baisse avait été annoncée
« On nous avait annoncé une baisse du nombre de visiteurs et on constate une hausse de 10 % ! », se réjouit Jean-Luc Poulain, nouveau président du Salon de l’agriculture. Pour sa première année de présidence, c’est une réussite. Mieux encore, Jean-Luc Poulain constate que les ventes intra-muros (produits alimentaires surtout) ont, semble-t-il, été en hausse, contrairement à ce qui s’était passé l’an dernier où les visiteurs s’étaient serré la ceinture. De quoi faire rager les quelques exposants qui ont jeté l’éponge quelques semaines avant le salon, préférant ne pas investir dans cet outil de communication.
Comment s’explique un tel succès ? Les visiteurs ont sans doute « eu envie de se ressourcer, de retrouver de l’authentique dans un contexte où on parle d’économie et de crise virtuelles », estime Jean-Luc Poulain. Le climat a sans doute aussi eu sa part, le temps clément succédant à un hiver froid et long, donnant envie aux Parisiens et Franciliens, mais aussi aux provinciaux arrivant par cars entiers, de venir sentir un avant-goût de printemps.
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Un événement politique
Autre facteur de succès, toujours le grand nombre de visiteurs politiques. Ceux-ci ont mobilisé les caméras de TV, ce qui a constitué une publicité toujours nourrie. Nicolas Sarkozy a évidemment inauguré l’événement, suivi quelques jours plus tard par une visite de sympathie et très décontractée de Jacques Chirac, en habitué des lieux. François Fillon, Roselyne Bachelot, Christine Lagarde, Luc Chatel, Martine Aubry et bien d’autres, hommes et femmes politiques, se sont rendus Porte de Versailles, souvent accueillis par le ministre de l’Agriculture Michel Barnier, l’hôte des lieux. Pour les connaisseurs en politique agricole, la visite de la commissaire européenne à l’agriculture Mariann Fischer Boel a aussi été un événement.
Tout ce « buzz » a intensifié la fréquentation de quelques stands toujours appréciés : Planète Viande, dans le hall 1 n’a pas désempli, ni l’Odyssée végétale dans le hall 2. Un exemple : le voyage à l’intérieur du corps humain du centre d’information du sucre (Cedus) a connu pas moins de 27 000 visiteurs, se succédant en longues files ininterrompues. Dans le hall 4 consacré aux animaux familiers, de basse-cour et aux chevaux, il fallait jouer des coudes pour se déplacer. De même, dans l’espace des régions de France. Partout, de nombreux enfants venaient, c’est une tendance qui s’affirme, tenus bien en main par leurs grands-parents. Les vacances scolaires franciliennes étaient bienvenues.
Rencontres record
À ces réalités ludiques s’ajoute l’intense activité professionnelle. Le nombre de rencontres, colloques, conférences de presse fut exceptionnel. L’actualité professionnelle agricole s’y est mise aussi, avec l’annonce par le ministre de l’Agriculture Michel Barnier du volet français du bilan de santé de la Pac. Un plan approuvé par les uns, rejeté par les autres, créant une intense animation sur les stands, dans les allées et jusque sur la chaîne des Chambres d’agriculture, Terre d’Info TV, toujours au rendez-vous avec un programme nourri. Au total, un salon qui aura marqué d’un triple point de vue : grand public, politique et professionnel.