Il a été beaucoup question de l’impact des OGM sur la biodiversité agricole lors du « Mardi de l’environnement » qui s’est tenu le 1er février à Paris en présence notamment de la Fondation Nicolas Hulot, de Greenpeace et de la Ferme de Sainte-Marthe. Les intervenants ont souligné les effets négatifs sur les espèces végétales et animales.
« Les OGM ont un impact majeur sur la biodiversité », a expliqué Arnaud Apoteker de Greenpeace. Ils réduisent la biodiversité en se mariant avec les variétés sauvages : « Au Mexique par exemple, qui est le berceau du maïs et compte de très nombreuses variétés sauvages, les OGM ont déjà contaminé beaucoup de ces variétés par croisement. En Chine, les importations de soja OGM risquent d’entraîner les mêmes effets. Au Japon, les colzas OGM qui arrivent dans les ports sont devenus des espèces invasives et éliminent les espèces endémiques », poursuit-il. D’autre part, le mode même de culture des OGM va à l’encontre de la biodiversité : « Les épandages de pesticides quasi systématiques sur les cultures OGM ont un impact négatif sur les autres espèces végétales et la faune qu’elles abritent », note Arnaud Apoteker. La concentration des firmes restreint aussi le nombre de variétés de semences et les choix de culture : « Bientôt 4 ou 5 compagnies possèderont l’essentiel des semences utilisées sur la planète et pourront décider de vendre uniquement les graines de leur choix. Aux Etats-Unis, même si les producteurs de maïs voulaient revenir en arrière aujourd’hui, ils ne pourraient pas parce que les champs sont contaminés mais aussi parce qu’il n’y aurait pas assez de semences conventionnelles».
La rentabilité pousse à réduire le nombre de variétés
Même observation pour ce qui est de la biodiversité horticulture et légumière. « En 1964, il y avait plus de 70 obtenteurs hybrideurs en France. Il reste aujourd’hui un grand groupe français et cinq groupes internationaux pour toutes les semences. La conséquence est que des variétés ne sont plus utilisées et disparaissent définitivement », a constaté un responsable du Jardin des Plantes à Paris. « On prend des risques à faire reposer l’agriculture mondiale et donc la survie de l’humanité sur un petit nombre d’espèces », a fait remarquer au passage François Veillerette, à la tête du Mouvement pour le respect des générations futures (MDRGF).
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Philippe Desbrosses a expliqué en quoi les semenciers allaient à l’encontre du maintien de la biodiversité : « L’agriculture paysanne s’était souciée d’adapter ses semences aux terroirs et aux climats. Ce qui a donné naissance à un grand nombre de variétés. Aujourd’hui, les semenciers veulent adapter les terroirs à leurs graines qui doivent pousser partout dans le monde, pour des questions de rentabilité économique, ce qui nécessite des béquilles chimiques ».