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Apiculture Un institut technique avant la fin de l’année

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Dans un rapport d’avril 2009, l’agence française de sécurité sanitaire des aliments estimait que les pesticides n’étaient pas une cause majeure du dépérissement des colonies d’abeilles en France. Pour expliquer ses conclusions, l’organisme a organisé mercredi 17 juin un colloque. L’occasion pour faire également le point sur l’état d’avancement du futur institut technique et ses missions.

L’institut technique apicole qui devrait voir le jour d’ici la fin de l’année, « va permettre de réinstaller la confiance au sein de la filière entre apiculteurs, agriculteurs et scientifiques », a indiqué le député Martial Saddier. Le rapporteur gouvernemental sur la question de la surmortalité des abeilles qui s’exprimait, mercredi 17 juin, à l’occasion d’un colloque organisé par l’Afssa (Agence française de sécurité sanitaire des aliments) a également souligné la nécessité de revoir les tests de toxicité des produits phytosanitaires sur les butineuses pour lever les doutes autour de certaines molécules.

Un rapport contesté
Dans un rapport publié en avril 2009, l’Agence désigne les agents biologiques (virus, parasites, champignons…) comme principale cause de disparition des hyménoptères. En tête de ces agents, le Varroa, un acarien qui affaiblit larves et adultes, les rendant sensibles à d’autres maladies. Un fléau difficile à freiner du fait du manque de médicaments sur le marché. D’autant que le varroa, qui se multiplie très vite, est devenu résistant à la plupart des molécules actives. Par contre, les experts de l’agence estiment que les investigations réalisées jusqu’à présent n’aboutissent pas à la conclusion que les pesticides sont une cause majeure du dépérissement des abeilles en France. « Au niveau actuel de nos connaissances, il y a peu de pertes de colonies qui soient attribuables aux produits de protection des plantes utilisés dans un cadre normal », confirme, avec prudence, Anne Alix, chef de l’unité écotoxicologie de l’Afssa. Des conclusions contestées par de nombreuses organisations, dont la Confédération paysanne qui s’étonne dans un communiqué du 16 juin que l’Afssa ne prenne pas en compte « de manière exhaustive toutes les études et notamment celles qui conduisent à penser le contraire ».
Un diagnostic de l’état sanitaire du cheptel
L’Institut technique devrait permettre de réinstaller le dialogue. Une fois installée, la première mission de cette instance sera de mettre en place un réseau national d’épidémio-surveillance inspiré de celui qui fonctionne depuis 1993 en Angleterre et au Pays de Galles. « Ce système de contrôle annuel permet d’avoir un diagnostic précis de l’état sanitaire du rucher outre-Manche », a témoigné Mike Brown, chef de l’unité nationale Abeilles du Royaume-Uni. Ce qui est loin d’être le cas en France où il manque un outil d’analyse et d’expertise. Aujourd’hui, quand des abeilles meurent, certains apiculteurs doivent attendre jusqu’à six mois pour en connaître la cause. Un tel réseau devrait aussi, en France, aider à renouer les liens entre les acteurs de terrain et la recherche, et surtout favoriser la formation des apiculteurs.

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