À quelques jours d’écart, l’Apad a lancé un label pour l’agriculture de conservation, et Didier Guillaume a annoncé que ces pratiques bénéficieraient d’une exemption provisoire à l’interdiction du glyphosate.
L’Association pour la promotion de l’agriculture durable (Apad) a lancé le 30 janvier son label Au cœur des sols, permettant de valoriser les fermes pratiquant l’agriculture de conservation. « Les agriculteurs ne veulent plus de cahier des charges. Le principe de ce label, c’est de mettre sur la table ce qu’on fait de manière transparente », explique François Mandin, président de l’Apad.
Depuis octobre 2019, 60 agriculteurs ont déjà été labellisés. L’Apad espère atteindre 200 agriculteurs d’ici la fin 2020. Le label est attribué aux exploitations pour cinq ans, sur la base d’une grille à points évaluant la diversité des cultures, la durée de couverture végétale, le non-travail des sols, ainsi que les actions en faveur de la biodiversité.
Le modèle précis de valorisation économique n’a pas encore été défini, mais pourra correspondre à un premium sur les productions, ou à une rémunération des services environnementaux. « J’attends des engagements financiers par rapport au stockage de carbone, à la réduction de produits phytosanitaires, et à la préservation de l’eau », indique Florence Richard, agricultrice labellisée dans les Deux-Sèvres.
« Continuons de faire de l’agriculture de conservation »
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Le glyphosate demeure aujourd’hui la solution la plus efficace en agriculture de conservation pour limiter l’enherbement des parcelles. « De nombreuses autres techniques sont en train d’être améliorées, et on y travaille dans le réseau. Mais à court terme on est dans l’impasse », confirme François Mandin. Les alternatives, explique-t-il, pourraient venir de nouvelles rotations, de nouvelles espèces utilisées dans les couverts, ou encore de nouveaux outils capables de désherber sans travail du sol.
Le 4 février, le ministre de l’Agriculture, Didier Guillaume, s’est dit prêt à accorder le délai nécessaire au développement de ces alternatives, au-delà de la sortie du glyphosate annoncée pour 2021. « Continuons de faire de l’agriculture de conservation parce que c’est un bon modèle, et continuons à mettre du glyphosate tant qu’on n’a pas trouvé autre chose », a déclaré le ministre. Un sursis qui pourrait être de courte de durée, puisque l’homologation de la substance active sera à nouveau débattue à l’échelle européenne en 2022.
« Continuons à mettre du glyphosate tant qu’on n’a pas trouvé autre chose »