L’interprofession porcine souhaite ajouter des critères sociétaux, environnementaux et sanitaires dans le cahier des charges du label « porc français ». Le label enrichi pourrait être effectif dès le milieu de l’année 2019.
Alors que le cahier des charges du label « porc français » ne garantit pour l’instant que l’origine des animaux (nés, élevés, abattus et transformés en France), des discussions au sein d’Inaporc portent sur l’ajout « de critères supplémentaires concernant le traitement des animaux, les impacts environnementaux et les normes sanitaires » aux règles déjà existantes, a précisé Bernard Vallat, président de la Fédération Française des industriels charcutiers, traiteurs, transformateurs de viandes (Fict) dans une conférence de presse vendredi 6 juillet. Le label enrichi pourrait être effectif « en milieu d’année 2019 », les nouvelles préconisations pouvant entraîner « des changements d’infrastructures lourds pour les élevages ». « Nous sommes unanimes pour demander une application la plus rapide possible de ces nouvelles normes », a précisé Bernard Vallat, alors que la Fict a réintégré l’interprofession en début d’année.
Faire baisser les taux de nitrites et de sel
Parallèlement, la production de charcuteries salaisons s’élève en 2017 à 1,2 million de tonnes (-0,1 %) pour un chiffre d’affaires de 6,7 milliards d’euros (-0,5 %). Des chiffres qu’il faut inscrire dans le cadre « d’une baisse structurelle de la consommation de produits issus de viandes animales » à laquelle les charcuteries « résistent mieux que les viandes fraîches », a détaillé Bernard Vallat. Dans ce contexte, la filière, qui rassemble 310 entreprises, veut lancer un plan pour « réenchanter les charcuteries » dont l’une des mesures est de faire évoluer le code des usages de la charcuterie. La préconisation du taux de nitrites pourrait ainsi baisser de 120 mg à 80 mg par kilogramme de produit fini « d’ici fin 2019 ».
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« Nous allons évaluer les 450 recettes présentes dans le code des usages. Les nitrites seront supprimés dans les recettes où elles ne sont pas absolument nécessaires », a-t-il encore indiqué. Le taux de sel pourrait également être revu, même si, selon le président d’Inaporc, « il sera difficile sur certains produits de baisser à la fois le sel et les nitrites », les deux ayant des propriétés conservatrices. Au-delà de ces modifications du processus de production, la Fict a également provisionné 2,5 millions d’euros pour financer un programme de recherche en collaboration avec l’Inra afin « d’annuler les effets cancérigènes des nitrites ». Les premiers résultats pourraient être disponibles dans trois ans.
La filière veut lancer un plan pour « réenchanter les charcuteries »