Un agronome du Nebraska, Tom Hoegemeyer, a annoncé avoir fait breveter une nouvelle variété de maïs conventionnel capable de pousser à proximité de champs de maïs transgénique sans risque d’être contaminé via une pollinisation croisée. Baptisé PuraMaize, ce nouveau maïs issu d’une variété originaire d’Amérique centrale pourrait faire son apparition sur le marché américain en 2006.
« Le PuraMaize permettrait de garantir que le maïs destiné à la fabrication de fécule, de céréales de petit-déjeuner, de tacos ou d’autres aliments, ne soit pas contaminé par des organismes génétiquement modifiés. Et il permettrait aux céréaliers américains et aux exportateurs de reprendre des parts de marché dans des pays comme le Japon ou ceux de l’Union européenne qui rejettent les OGM », affirme Tom Hoegemeyer.
Après avoir sélectionné une variété ancienne de maïs originaire d’Amérique centrale, cet agronome a produit en climat tropical huit générations de plantes pour en éliminer tout élément génétique extérieur. Il a ainsi fini par mettre au point une variété rejetant systématiquement tous les pollens extérieurs au sien.
Mise sur le marché attendue pour 2006
Actuellement en cours d’évaluation auprès de l’Agence américaine de réglementation des produits alimentaires et pharmaceutiques (Food and Drug Administration), le Puramaize devrait faire ses débuts sur le marché américain en 2006.
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« Au début, il sera disponible essentiellement au Nebraska, estime M. Hoegemeyer, mais lorsque d’autres compagnies spécialisées dans les semences acquerront des licences, je suis persuadé qu’il deviendra disponible un peu partout, y compris en Europe ».
Selon les experts, le Puramaize pourrait représenter un créneau commercial représentant 23 milliards de dollars. « Cela pourrait être une mine pour les exportations », affirme Rex Bernardo, un professeur d’agronomie de l’université du Minnesota. L’an dernier, 18 % de la production américaine de maïs a été exportée vers le Japon, le Mexique et quelques autres pays. Mais les marchés européens (Allemagne, Autriche, France, Grèce, etc.) se sont fermés progressivement ces dernières années au maïs transgénique américain en raison de la méfiance des consommateurs. Et la récente affaire du maïs Bt10 non autorisé cultivé par erreur aux Etats-unis et retrouvé dans des cargaisons à destination de l’Europe et du Japon n’a pas contribué à améliorer l’image des producteurs américains.
Selon un rapport du département américain de l’agriculture (USDA), 52 % des variétés de maïs cultivées aux Etats-Unis sont génétiquement modifiées, une proportion qui atteint maintenant 87 % dans le cas du soja.