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Bière Un marché à nouveau en baisse mais qui se valorise

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La consommation de la bière en France a baissé en 2010 mais le chiffre d’affaires de ce secteur est en hausse grâce à la bonne santé des bières spéciales et de spécialités, selon les chiffres publiés par les Brasseurs de France.

Après une année 2009 qui avait connu de bonnes conditions climatiques entraînant une reprise de la consommation, celle-ci est repartie à la baisse en 2010 (-1,7%) à 19,73 millions hectolitres, a souligné Pascal Chèvremont, délégué général de Brasseurs de France, lors d’un point presse.
Mais l’année 2010 a confirmé la tendance à la valorisation du marché : en effet le chiffre d’affaires des brasseurs est en hausse à 2,3 milliards d’euros (+4,5% par rapport à 2009) grâce à l’excellente santé des bières spéciales et de spécialités qui ont totalisé 55% des volumes vendus l’an passé.

La rechute touche même le circuit alimentaire
Les ventes de bière ont été globalement en recul en volume dans les deux grands circuits, alimentaire et CHR. Alors que traditionnellement le marché alimentaire est stable ou en légère hausse, 2010 marque un recul de 1,1% en volume à 15,08 millions d’hl, imputable à une climatologie défavorable, notamment un été peu ensoleillé. Néanmoins les ventes restent stables en hyper et supermarchés, alors que les magasins de proximité (+8,5%) et le hard discount (+2,4%) progressent sensiblement et que les autres circuits comme la restauration collective, le cash & carry, les foires et fêtes, les stations services reculent de 13%, en raison notamment des restrictions horaires de certains réseaux.
Les ventes de bière en CHR, comme ces 20 dernières années, affichent une évolution négative de -3,5% en 2010, une baisse moins forte toutefois que ces trois dernières années.

Un marché à deux vitesses
L’existence de deux grandes tendances de consommation de la bière s’est confirmée l’an passé, l’une de rafraîchissement, l’autre de dégustation.
Les bières de spécialités (bières d’abbayes, blanches, brunes ou aromatisées), les plus chères, représentent désormais le secteur le plus important, avec 36% de part de marché (valeur), en hausse de 9,6%.
Le segment des bières spéciales (supérieures à 5% d’alcool) tirent aussi leur épingle du jeu : elles ont vu leur part de marché (valeur) progresser de 5,4% en 2009 pour représenter 33,3% du secteur.
En revanche les bières classiques (dites « de luxe ») qui représentent le cœur du marché, sont à la peine. Elles sont sensibles à la météo, tout comme les panachés et les bières sans alcool et ont perdu 5,3% de part de marché (valeur), à 26,4%. Elles figurent désormais en troisième position en termes de chiffre d’affaires même si elles restent encore les plus consommées (38% en volume). « Il y a dix ou quinze ans, c’était l’inverse, les bières classiques représentaient 60% du marché », a souligné Pascal Chèvremont.
La baisse de la consommation de bière n’est pas nouvelle : en 30 ans, elle a chuté de 30% en France. Avec 30 litres par an et par habitant, les Français sont de faibles consommateurs. L’Hexagone arrive avant-dernier dans le classement des pays européens consommateurs, devant l’Italie. La République tchèque détient sans conteste le record de la consommation avec 159 litres par an et par habitant.
A côté de ce marché intérieur parfois décevant, le commerce extérieur de la bière apparaît plus dynamique. Non seulement les importations progressent de +11% à 6,5 M hl, en provenance des pays de tradition brassicole (Pays-Bas, Belgique, Allemagne) mais les exportations ont fait un bond l’an dernier de 43% à 3,1 M hl : elles sont essentiellement le fait d’opérateurs basés en France qui répondent à la demande des grands clients pour leurs marques distributeurs ou pour le circuit hard discount dans toute l’Europe.

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