L’ensemble des 18 signataires de la « charte d’engagement pour une relance de la création de valeur et pour son équitable répartition au sein des filières agroalimentaires » ont évoqué « l’instant historique » de cette signature, le 14 novembre et « la pugnacité » du ministre pour avoir réussi à les faire tous signer. Certains acteurs n’ont pu s’empêcher de s’envoyer quelques piques et d’autres de citer Alphonse de Lamartine. Extraits.
Les syndicats agricoles
Christiane Lambert, présidente de la FNSEA :
« Nous signons aujourd’hui enfin cette charte qui est une étape intermédiaire par rapport à la future loi. […] C’est un consensus historique de l’ensemble des acteurs pour stopper la destruction de valeur. Nous serons pleinement satisfaits quand nous aurons les éléments concrets de la future loi, en espérant que l’esprit des EGA ne se sera pas évaporé. »
Claude Cochonneau, président de l’Assemblée permanente des chambres d’agricultures (APCA) :
« Nous avons signé cette charte car c’est pour l’instant le seul levier pour réveiller les consciences. Le sujet est bien posé dans cette charte, même si ce n’est pas assez détaillé, sur le fait notamment que les promotions sont injustes socialement et destructrices de valeur. Il s’agit d’un excellent exposé des motifs pour la future loi qui doit être élaborée. »
Jérémy Decerle, président des Jeunes agriculteurs :
« Cette charte redonne du sens au métier, de l’espoir. […] Mais nous ne serons satisfaits que lorsque l’argent sera revenu dans les cours de ferme. »
Bernard Lannes, président de la Coordination rurale :
« À travers cette charte, on remet les choses à plat. Mais les résultats ne seront pas immédiats au niveau des agriculteurs. Il faut accélérer le processus par des ordonnances. »
Nicolas Girod, secrétaire national pôle élevage de la Confédération paysanne :
« C’est une première phase qui doit entraîner la suite. […] Cela doit se retrouver dans les plans de filières qui seront une fondation avec ensuite une grande loi. »
La coopération agricole
Michel Prugue, président de Coop de France :
« Les bonnes intentions ne sont pas suffisantes, il faut concrétiser tout cela par la loi, pour faire en sorte de financer les adaptations nécessaires pour répondre aux consommateurs et porter l’agriculture et l’alimentation française au-delà de nos frontières. Il faut pouvoir se comparer par rapport à nos concurrents et savoir jouer de nos différences. »
Les industriels
Jean-Philippe Girard, président de l’Association nationale des industries alimentaires (Ania) :
« Il y a une urgence dans cette loi qui pourrait cimenter les États généraux. Nous devons mettre fin à ces prix anormalement bas pour que les agriculteurs vivent dignement de leur profession ainsi que les entreprises agroalimentaires. »
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La distribution
Jacques Cressel, délégué général de la Fédération du commerce et de la distribution (FCD) :
« Nous sommes à un moment historique car c’est la première fois que nous avons été capables de faire un état des lieux et un texte commun, et nous sommes à un moment où le consommateur veut de la qualité. Cette charte est la première base de ce changement. »
Michel-Edouard Leclerc, p.-d.g. du groupe Leclerc :
« J’aurais préféré que l’on parte plutôt de l’engament sur la qualité, l’environnement et la santé, et il s’en serait déduit un argument de valorisation des produits, d’allégation qui aurait permis une narration qui aurait été plus digne. J’aurais construit cela différemment, mais je viens participer à un acte politique et symbolique. Nous avons des divergences, mais la signature va pouvoir s’exprimer. Elle ouvre la deuxième partie des EGA avec les consommateurs, qui n’ont pas signé cette charte. […] Je suis probablement celui qui est venu le plus souvent dans cette salle, vu mon âge et que j’accompagnais déjà mon père. Et je peux vous dire que ce genre de débat n’est pas le premier et ne sera pas le dernier. Bon courage à tout le monde ! »
Laurent Vallée, secrétaire général du groupe Carrefour :
« Nous partageons la méthode : la création de valeur doit être un travail collectif et progressif, et je remercie le ministre pour son opiniâtreté. Et, nous partageons le contenu, notamment le juste retour de la valeur. »
Claude Risac, directeur des affaires extérieurs chez Casino :
« Casino a été créé en 1898, nous sommes dans une chaîne qui ne peut se rompre avec les transformateurs et les agriculteurs. Et de ces États généraux, sortira une chaîne plus solide et plus solidaire qu’avant. […] Pour autant, la fin de la destruction de valeur ne sera pas la fin de la concurrence. »
Franck Geretzhuber, secrétaire général d’Auchan :
« Nous avons été réunis plusieurs fois dans cette salle, et parfois de façon tellement précipitée que Bruxelles s’en souvient. »
Stéphane de Fontenay, adhérent en charge des achats et de l’offre des produits frais traditionnels et de la MDD chez Intermarché :
« Il était temps car cela fait des années que nous nous réunissons ici en tant de crises ! »
Serge Papin, p.-d.g. de Système U :
« Nous sommes trop souvent dans le rapport de force et pas assez dans la notion de filière. […] Si nous avions des accords pluriannuels, nous réglerions beaucoup de problèmes. »
Michel Biero, gérants achats chez Lidl :
« Cette charte, si elle n’est pas suivie d’un cadre légal, ne servira pas à grand-chose. Je souhaite comme tout le monde que le cadre légal arrive rapidement pour sauver le monde agricole. »