Dans un contexte économique où ministère et syndicats s’interrogent sur la façon d’accompagner les agriculteurs contraints d’abandonner le métier, la Caisse centrale de MSA (CCMSA) constate un « net rebond des installations » en 2015. Cependant, l’attrait pour les différents secteurs d’activité semble évoluer.
15083 non-salariés agricoles ont rejoint la catégorie des chefs d’exploitation agricole en 2015, selon les chiffres de la CCMSA diffusés le 3 novembre, soit une hausse de 17 % par rapport à 2014. Un « net rebond » comparé à la période récente : le nombre de nouveaux chefs d’exploitation plafonnait, depuis 2009, aux alentours de 13 000 chaque année. Une information à relativiser cependant. La forte hausse constatée en 2015 résulte avant tout de la modification des critères d’affiliation au régime agricole qui découle de la loi d’avenir d’octobre 2014, explique la MSA. Toutes les catégories se sont vues concernées : +10 % chez les jeunes chefs d’exploitations de moins de 40 ans (soit 9 250 installations), +37,7 % d’« installations tardives, ne résultant pas d’un transfert entre époux » (4 694 installations) et +21,1 % d’installations tardives des suites d’un transfert entre époux (1 143 installations).
L’élevage laitier perd en attractivité
Comme en 2014, les nouveaux installés en 2015 ont choisi en priorité les cultures céréalières et industrielles (2 623 installés). Cependant, l’élevage laitier, deuxième secteur le plus attractif en 2014 a régressé à la 4e place en 2015 (1 816 installés) et constitue le seul secteur agricole qui n’a pas vu augmenter le nombre d’installés. L’ont doublé, la viticulture (2 164 installés) qui enregistre la plus forte hausse du nombre d’installés (+45 %), et les « cultures et élevages non spécialisés » (1 943 installés). En 5e position, comme en 2014, l’élevage de bovins-viande, avec 1 664 installés. L’activité enregistre la deuxième plus forte hausse du nombre d’installés (+24 %).
Quant au critère géographique, c’est la Marne qui remporte la palme de la plus grande évolution du nombre d’installation (+134 %), suivie du Bas-Rhin (+100 %) et de la Lozère (+91 %). En bas du tableau, la Haute-Normandie et la Franche-Comté voient le nombre d’installations reculer respectivement de 15 % et de 6 %.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Un bon taux de maintien, surtout chez les plus jeunes
Dans l’ensemble le taux de maintien dans l’activité agricole est élevé, constate la CCMSA. 80,8 % des installés en 2009 étaient toujours agriculteurs en 2015 indique-t-elle. Et ce taux augmente inversement à l’âge des installés : 87,3 % pour les installés de moins de 40 ans, 70 % pour les installés de plus de 40 ans hors transfert et 64,7 % pour les installés de plus de 40 ans suite à un transfert entre époux.
Chez les moins de 40 ans, les secteurs d’activité qui enregistrent les meilleurs taux de maintien entre 2009 et 2015 sont l’élevage de bovins-viande et élevage bovins-mixte (94,5 %), l’élevage porcin (94,5 %), les céréales (93,4 %) et l’élevage bovins-lait (92,6 %).
L’élevage laitier, deuxième secteur le plus attractif en 2014 a régressé à la 4e place en 2015