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Un nouveau groupe de réflexion agricole pour porter les idées d’une « nouvelle génération »

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Une quinzaine d'« agriculteurs, cadres, entrepreneurs, journalistes du monde agricole et alimentaire », se revendiquant d’une « nouvelle génération » (25-40 ans), a constitué depuis novembre un nouveau groupe de réflexion sur l’agriculture. Ce groupe a diffusé, lors du Salon de l’agriculture, son premier texte intitulé « Agrichange - Ouvrons une nouvelle page, manifeste d’une génération » (Agrichange.org).

Le groupe porte l’ambition d’imposer une « nouvelle approche » dans le secteur agricole, que ses membres résument ainsi : « sans tabou », « connectée au terrain » et « rapide » ; ce groupe regrette « les inerties » et l’absence de « nouvelle vision » pour l’agriculture française. « C’est notre manière de travailler qui est générationnelle, confie l’un de ses membres, Louis-François Hicter, éleveur et fondateur de la start-up Bœuf éthique, à Agra Presse. Nous sommes plus rapides dans notre manière de décider et de proposer des idées ». Pour Louis-François Hicter, cette attitude correspond aux impératifs de leur temps : « Nous sommes face à un virage dans la manière de cultiver, de vendre. Les modèles évoluent très vite, il faut partager nos idées et nos expériences ».

Dans son texte, le groupe de réflexion met en avant quatre questions prioritaires : la relation avec les consommateurs et les citoyens, la souveraineté alimentaire (notamment numérique), la gouvernance de l’agriculture française et le positionnement international de la France. Louis-François Hicter insiste notamment sur la nécessité de réorganiser la recherche autour des agriculteurs : « Je connais tellement d’agriculteurs qui ont inventé des choses extraordinaires qui n’ont jamais été utilisées ».

Une partie des membres ne souhaite pas, pour l’heure, communiquer son identité. Comme ce jeune cadre de l’agrofourniture qui attend de ce groupe qu’il « s’autorise à soulever des sujets un peu tabous, même s’ils ne font pas plaisir. » Il regrette « certaines inerties », notamment sur les phytos : « Si nous avions pris le sujet à bras-le-corps, nous n’en serions pas là vis-à-vis du public », estime-t-il. Mais aussi sur l’export de céréales, « nos parts de marchés s’effondrent. Alors peut-être que l’on a un avantage de régularité de production par rapport à certaines régions, mais une tonne sur deux part à l’export. Avec quelle vision, sur quel créneau, avec quels moyens ? »

« Si nous avions pris le sujet à bras-le-corps, nous n’en serions pas là vis-à-vis du public »