La société Bénédicta, qui avait fait l’objet d’un premier LBO il y a quatre ans organisé par le management et Barclays Private Equity, va poursuivre son développement en s’appuyant sur un nouveau spécialiste des LBO, Axa Private Equity. Un exemple de plus de la mainmise des fonds d’investissement sur le créneau des marques à potentiel que les géants de l’agroalimentaire jugent désormais trop hexagonales et que les autres industriels, fiscalement moins favorisés que les financiers, n’ont guère les moyens de s’offrir…
La société de capital investissement filiale de l’assureur Axa a signé le 4 juillet, aux côtés de l’équipe de management emmenée par Olivier Marchand, un contrat pour l’achat de 100% du capital des sauces Bénédicta auprès de Barclays Private Equity et d’ABN Amro Capital France.
Pour 60 millions d’euros
« Le montant de la transaction se situe autour de 60 millions d’euros », indique-t-on chez Axa Private Equity. La reprise de Bénédicta se fera par LBO (Leverage Buy-Out, rachat d’entreprise par endettement). Axa Private Equity a mobilisé un de ses fonds, Axa LBO Fund III, qui sera largement majoritaire : avec l’équipe de management de Bénédicta ils détiendront ensemble 100% de la holding de reprise Paxos.
La réalisation de l’opération reste soumise à l’autorisation des autorités françaises de contrôle des opérations de concentration.
En 2000, Barclays Private Equity, et de façon secondaire ABN Amro Capital France, avaient repris Bénédicta, qui était alors une division du groupe Unilever Bestfood France. Ce premier LBO, construit avec les cadres de cette division, avait été imposé par les autorités de la concurrence lorsque le groupe néerlandais faisait l’acquisition d’Amora Maille auprès de Paribas. Depuis, l’équipe d’Olivier Marchand avait bien réussi à prendre son indépendance et à relancer la marque sur laquelle le géant de l’agroalimentaire n’investissait plus assez.
Bénédicta a notamment fait preuve d’une grande capacité d’innovation sur ses produits traditionnels (nouveau packaging, nouvelles recettes) et sur des nouvelles gammes à succès comme les produits « Oh Ouizz ! ». Bénédicta a ainsi réussi son pari et est passé de la position inconfortable de numéro 3 sur le marché français de la mayonnaise à celle de numéro 2 derrière Amora. Pour cela, près de 7 millions d’euros ont été investis entre 2001 et 2004 dans l’outil de production situé dans le Nord à Seclin.
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Un deuxième contrat de confiance
Comme le souligne Bruno Ladrière, l’un des directeurs du fonds d’Axa, cette acquisition correspond tout à fait à ce que recherche le fonds financier dans l’agroalimentaire, dans la mesure où « Bénédicta dispose d’un fort potentiel de développement ». L’investisseur dit « adhérer pleinement à la stratégie de développement du management, qui vise notamment à poursuivre la politique d’innovation, capitaliser sur la marque en l’étendant à d’autres gammes de produits et se développer à l’export». La société réalise désormais près de 85% de son chiffre d’affaires sur les produits à marque Bénédicta contre 60% seulement il y a cinq ans, se félicite le nouvel actionnaire qui entend, dès lors, « accompagner la société dans des projets de croissance externe créateurs de valeur ».
En 2004 Bénédicta avait réalisé, avec un effectif de 250 personnes, un chiffre d’affaires de 87,6 millions d’euros. La marque Bénédicta occupe la première place en France sur le marché des sauces de spécialité et des sauces crudités et la seconde place sur le marché des sauces mayonnaise.
Relais de croissance
Au premier semestre de cette année, assure Olivier Marchand, le volume vendu à la marque croît de quelque 7% et le chiffre d’affaires sur six mois avoisine déjà 46 M EUR. La part réalisée à l’étranger commence à être significative, de l’ordre de 5%, résultant des premiers efforts déployés sur le marché britannique avec plusieurs enseignes (en MDD chez Sainsbury et Asda) et elle pourrait augmenter via des ventes à la marque, puis sur d’autres pays voisins comme l’Italie.
En effet, suite à un accord conclu au premier trimestre Cf Agra alimentation n° 1 877 du 24 03 05, page Une, Bénédicta a trouvé un autre relais de croissance en devenant à compter de ce mois de juillet le distributeur exclusif en France des huiles d’olive de la marque italienne Carapelli (auparavant distribuées par Lesieur et représentant en année pleine quelque 20 M EUR). Ainsi, sur l’ensemble de l’exercice 2005, la société Bénédicta pourrait dépasser aisément les 100 M EUR de chiffre d’affaires total.