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Prix du lait Un nouveau mécanisme ramène la paix dans l’interprofession

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C’est tard dans la soirée du 2 septembre qu’un accord sur le prix payé aux producteurs a été trouvé, dans un contexte de forte mobilisation sur le terrain (deuxième opération « journée blanche » le jour même, c’est-à-dire sans livraison aux laiteries). Les trois présidents de l’interprofession (producteurs, industriels privés et coopératifs) ont négocié pendant plus de 6 heures les nouvelles modalités de fixation du prix du lait pour les mois d’août à décembre 2004. Conclusion : un nouveau système a été élaboré qui tiendra compte de l’écart de prix entre la France et son principal concurrent, l’Allemagne.

Satisfaction du côté des producteurs de lait et du ministre de l’Agriculture. La mobilisation a payé, estime le syndicalisme majoritaire. Pour Hervé Gaymard, « cet accord marque la volonté des producteurs et des transformateurs de relever unis les défis auxquels est aujourd’hui confrontée la filière laitière française ».

« Le prix du lait est en phase avec les réalités du marché », précise la FNPL (Fédération nationale des producteurs de lait). Le syndicat rappelle que les nouvelles modalités de fixation de l’évolution du prix à la production prendront en compte l’évolution du marché ainsi que l’écart de prix entre la France et l’Allemagne à la hausse comme à la baisse. Cet accord obtenu le 2 septembre devrait être valable pour 3 campagnes laitières.

Un indicateur sur l’écart France-Allemagne

Les nouvelles modalités de fixation du prix du lait intègrent donc un indicateur de compétitivité par rapport aux prix allemands. Cet indicateur vise à rendre compte de l’écart entre les prix à la production français et ceux de nos principaux compétiteurs européens. En pratique, on utilisera trimestriellement l’écart des prix France/Allemagne, mesuré pour les douze derniers mois. Dans les modalités de calcul du prix du lait, l’idée est d’accorder une « franchise » au montant de cet indicateur. En clair, cet écart ne sera pris en compte que pour la partie dépassant la zone - 4 à + 4 euros/1000 litres.

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Correctif de « flexibilité »

Par ailleurs, l’accord envisage l’application éventuelle d’un élément de « flexibilité ». Ce correctif ne s’applique que pour les entreprises transformant plus de 35 % de leur lait en produits industriels. Un calcul interprofessionnel régulier, basé sur la mesure de la perte subie par la transformation en beurre et en poudre, permettra de déterminer la valeur de cette flexibilité.

Par ailleurs, certains éléments de l’accord de 1997 sont maintenus tout en étant modifiés. Les index trimestriels « produits industriels » et « PGC export » sont pris en compte sans que l’on effectue de lissage trimestriel. Dans le précédent accord, ces tendances étaient prises en compte avec un lissage à 50 %.

Les décisions de l’interprofession ont permis, dans la foulée, de définir les évolutions de prix pour la fin d’année. Le prix du lait pour les mois d’août et septembre affiche une baisse à - 5,92 euros/1000 litres. Le quatrième trimestre affiche une baisse de -7 euros/1000 litres. Le mois de juillet a déjà été payé aux producteurs sur les bases de -11,92 euros/1 000 litres. Le troisième trimestre enregistre donc une baisse de 7,92 euros/1 000 litres. Alors que les éleveurs devraient toucher la nouvelle prime laitière européenne le 18 octobre, l’accord sur le prix du lait devrait permettre de tempérer la baisse de revenu des éleveurs pour 2004.