Abonné

Réactions Un nouveau ministre « urgemment » attendu sur les crises

- - 4 min

Le monde agricole ne laisse que peu de répit au nouveau ministre de l’Agriculture, pour s’atteler aux dossiers du secteur. Les syndicats agricoles sont tous unanimes pour appeler Bruno Le Maire à « l’action » dans un contexte de crise. Les responsables agricoles comptent tous sur le parcours du nouveau ministre notamment dans le renforcement du couple franco allemand dont il a été l’acteur comme secrétaire d’État. Ils y voient « un élément positif dans le cadre des négociations de la Pac à venir ».

À peine nommé et déjà dans le feu de l’action. La nomination surprise du nouveau ministre de l’Agriculture, Bruno Le Maire, le 23 juin n’a pas troublé le monde agricole. Dès, le lendemain de l’annonce du remaniement ministériel l’ensemble des responsables professionnels exhortaient le ministre à l’action. Globalement, les responsables professionnels ont accueilli son arrivée avec un a priori positif tout en lui laissant peu de répit. Coop de France dit éprouver « plusieurs satisfactions » suite à cette nomination, mais « souligne un contexte de crise dans plusieurs filières ».
Un modèle agricole en danger
La FNSEA appelle le ministre à « l’action » dans un communiqué publié le 24 juin. « L’action a plus de sens que les mots », souligne le syndicat. « La situation est grave !, souligne le syndicat. L’agriculture n’échappe pas à la crise. Celle-ci frappe de nombreuses filières mettant en danger notre modèle agricole et sa diversité ». Le syndicat majoritaire espère aussi que l’orientation politique du nouveau ministre suive celle de son prédécesseur. « Il faut que l’action du nouveau ministre s’inscrive dans la continuité des engagements pris ces dernières semaines : accord sur le prix du lait, engagement sur la transparence des marges, amélioration des pratiques commerciales…. Autant de chantiers que Bruno Le Maire devra prendre en main sans attendre ! », ajoute la FNSEA.
Sortie de crise
Le syndicat Jeunes agriculteurs (JA) demande au nouveau ministre « d’agir rapidement pour une sortie de crise par le haut. » Il rappelle « les quatre semaines de mobilisations des paysans français sur le prix du lait et la vérité des marges de la grande distribution ». Même sentiment d’urgence du côté de la Confédération paysanne : « Vous prenez vos fonctions en pleine tourmente agricole », prévient le syndicat dans une lettre ouverte au ministre. « Des milliers d’éleveurs se battent pour assurer une juste rémunération de leur métier et des millions de consommateurs pauvres peinent à se procurer une alimentation correcte », souligne le syndicat minoritaire très grave dans ses propos. « La disparition des outils de régulation des marchés agricoles plonge les paysans en plein marasme et programme leur disparition massive ».
Une nouvelle compétence : l’alimentation
Les JA, les chambres d’Agriculture et Coop de France insistent sur « la nouvelle corde » du ministère avec son portefeuille élargi à l’alimentation. « Notre souveraineté alimentaire, devrait ainsi retrouver ses lettres de noblesse », commentent les JA. Pour Luc Guyau, président de l’APCA, « cette évolution dans les mots renforce, comme nous le souhaitons, ce lien fondateur entre l’agriculture et l’alimentation et doit permettre de nous rapprocher des consommateurs ». « L’extension affirmée du champ de compétence du ministère de l’Agriculture à celui de l’alimentation est un plus pour les coopératives dont le rôle est de structurer les filières du producteur jusqu’au consommateur », souligne Coop de France dans un communiqué.
L’atout européen
La connaissance de l’Allemagne du nouveau ministre est unanimement reconnue par les responsables professionnels comme un point fort. La Coordination rurale espère que « cela lui permettra d’être le ministre de la reconstruction d’une véritable et ambitieuse politique agricole commune européenne ». La FNSEA, met en avant son « expérience » européenne : « Il devra peser de tout son poids dans les discussions sur l’avenir et le budget de la Politique agricole commune ». Même espoir du côté d’Orama. « L’expérience du nouveau ministre sur le plan international, notamment au secrétariat d’État aux Affaires européennes, sera un atout majeur pour les futurs grands rendez-vous agricoles que seront la reprise des négociations de l’OMC, la fixation du nouveau cadre budgétaire européen et la réforme de la PAC pour l’après 2013 ». Les JA se réjouissent de voir « à un tel poste l’homme de l’axe franco-allemand à l’heure où va démarrer à Bruxelles un débat crucial, où la France devra se faire entendre et trouver des alliés ».

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.