Le législateur devrait apporter des modifications à la définition officielle de la bière. Il pourrait autoriser l'adjonction de nouveaux coproduits provenant des filières végétales comme les herbes ou épices aromatiques.
« Un nouveau décret précisant officiellement la totalité des composants pouvant entrer dans la fabrication de la bière devrait sortir dans les semaines qui viennent. Examiné par la Commission européenne, le décret n'a fait l'objet d'aucune remarque de sa part au terme des trois mois de délai légal. De même, le projet français n'a souffert d'aucune remarque provenant des différents Etats membres », a indiqué François Loos, président de Brasseurs de France en marge de l'assemblée générale du syndicat des brasseurs des Hauts de France. Le nouveau décret en préparation est actuellement entre les mains du Conseil d'Etat qui devrait se prononcer dans les mois qui viennent. Il pourrait autoriser de nouveaux ingrédients dans la fabrication de la bière, comme les herbes ou épices aromatiques.
UN NOUVEAU LABEL « BIÈRE DE FRANCE »
Le décret du 31 mars 1992, portant application de la loi du 1er août 1905, définit officiellement la bière. C'est sur la base de ce texte que les services chargés des fraudes et des falsifications en matière de produits ou de services traquent tous les liquides non conformes. La loi pose en effet des exigences en termes de composition (liste d'ingrédients et leurs poids respectifs) ainsi que de process. Selon Brasseurs de France, la dénomination « bière » est en effet réservée aux boissons obtenues par fermentation alcoolique d'un moût préparé à partir du malt de céréales, de matières premières issues de céréales, de sucres alimentaires et de houblon, de substances conférant de l'amertume provenant du houblon, d'eau potable. Le malt de céréales doit représenter au moins 50 % du poids des matières amylacées ou sucrées mises en œuvre et l'extrait sec représenter au moins 2 % du poids du moût primitif.
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Le décret prévoit également les définitions de la gueuze, des bières sans alcool et panachées, « aromatisées à … », ou « bière à … » dans lesquelles on introduit des matières aromatisantes qui ne « doivent pas excéder plus de 10% du volume du produit fini ».
Le nouvel décret devrait sortir à un moment où Brasseurs de France travaille également à un label « Bière de France » décliné à la fois pour les « grandes brasseries » ainsi que pour les brasseries artisanales.
La région des Hauts de France regroupe 66 brasseries dont 29 adhèrent au syndicat. Les 66 brasseries ont produit 6,7 millions d'hectolitres, soit le tiers de la production nationale. Le chiffre d'affaires cumulé est d'environ 1 Mrd d'euros.