La réunion nationale de l’interprofession laitière (Cniel), le 30 octobre, s’est soldée, sans surprise, par un échec. Même si les acteurs de la négociation, à savoir les producteurs de la FNPL, les transformateurs privés (Fnil) et coopératifs (FNCL) ont fait des avancées, cela n’a pas suffi. Un nouveau rendez-vous au niveau national est programmé pour le mardi 4 novembre dans l’après-midi. Les négociations des interprofessions régionales sont stoppées jusque-là.
«Je pense qu’on peut y arriver », confiait un participant à la réunion sur le prix du lait du 30 octobre qui s’est déroulée dans le cadre de l’interprofession laitière. Si chacun des acteurs de la négociation s’accorde pour dire qu’un pas a été franchi dans le bon sens, cette réunion s’est soldée par un échec. Deux positions s’affrontent. Celle des industriels qui réclament une baisse conséquente du prix du lait (environ - 40 euros/1000 litres pour le quatrième trimestre) afin de « coller » aux renversements de tendance que subissent les produits industriels. Les producteurs, même s’ils entendent que le prix du lait doit être plus réactif par rapport aux marchés, ont toujours en tête la tendance donnée par les anciens indicateurs lissés sur 12 mois qui affichent + 7 euros/1000 litres pour le 4 e trimestre. Un écart important subsiste. Les transformateurs font valoir que même si le prix du lait diminue au quatrième trimestre, la hausse pour les producteurs sera d’« au moins 18% sur l’ensemble de cette année après trois trimestres de forte hausse ». De leur côté, les producteurs mettent en avant la hausse de leurs charges, d’environ 20% sur un an.
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Nouvelle négociation le 4 novembre
Un nouveau rendez-vous au Cniel est programmé pour le 4 novembre. D’ici là, les réunions des interprofessions régionales sont reportées. Il y a urgence. En effet, pour pouvoir facturer aux producteurs, les entreprises doivent avoir des éléments sur le prix du lait pour le quatrième trismestre tout début novembre, confiait un syndicaliste. Et le 15 novembre est la date à laquelle les laiteries doivent envoyer les bordereaux de paiement aux producteurs. Pour le mois de septembre, le prix payé aux producteurs était encore en hausse de + 49 euros, expliquent les transformateurs. Le coup risque donc d’être rude lorsque les producteurs découvriront leur bordereau de paiement à la mi-novembre. C’est une raison de plus pour intensifier les manifestations sur le terrain d’ici au 4 novembre, souligne Yves Leperlier de la Confédération paysanne. « Après, ce sera encore plus difficile d’obtenir un prix du lait décent pour les producteurs », conclut-il.