Les chefs d’Etat et de gouvernement des Vingt-sept, réunis les 8 et 9 mars à Bruxelles, ont finalement approuvé l’objectif obligatoire de 20 % d’énergies renouvelables dans la consommation énergétique totale de l’UE d’ici 2020. Celui-ci sera toutefois « différencié » selon les Etats membres pour tenir compte des « bouquets énergétiques existants », du nucléaire notamment dans le cas de la France. Cet objectif, qui a fait l’objet de longues négociations, s’ajoute à celui, également contraignant, de 10 % au moins de biocarburants dans la consommation totale d’essence et de gazole destinés au transport et à l’objectif de 20 % de réduction minimum des émissions de gaz à effer de serre à l’échéance 2020 qui avaient déjà fait l’objet d’un accord .
Le vent, l’eau, le soleil et la biomasse : c’est ce qu’on entend par énergies renouvelables, a tenu à rappeler la chancelière allemande, Angela Merkel, qui présidait le sommet européen. « L’énergie nucléaire ne rentre pas dans cette catégorie », a-t-elle souligné, admettant parallèlement que, s’agissant de la réduction de 20 % des émissions de gaz à effet de serre, on peut tenir compte de l’énergie nucléaire car elle est pauvre en carbone.
« La France a insisté pour replacer les énergies renouvelables dans le cadre plus large des énergies faiblement carbonées, y compris le charbon propre, qui exige encore un certain nombre d’investissements, et l’énergie nucléaire », a précisé pour sa part Jacques Chirac devant la presse.
Quant à la Commission européenne, elle présentera au cours du troisième trimestre de cette année des propositions concrètes sur la répartition des charges dans le cadre de l’objectif fixé pour les énergies renouvelables, a expliqué son président, José Manuel Barroso. Les caractéristiques de chaque pays devront être prises en considération, a-t-il confirmé, ajoutant que cela n’implique donc pas que tous les pays doivent respecter la part des 20 % d’énergies renouvelables.
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Les organisations agricoles demandent des mesures incitatives
Les comités des organisations professionnelles et coopératives agricoles de l’UE (Copa et Cogeca) se sont « félicités de l’initiative prise par les chefs d’Etat et de gouvernement d’aborder de façon intégrée les défis liés au climat et à l’énergie ». Selon eux, « le développement du secteur de la bioénergie permettra non seulement de contribuer à enrayer le changement climatique et à réduire la dépendance de l’UE vis-à-vis des importations de combustibles fossiles et de gaz, mais aussi de stimuler l’économie ». « Les Etats membres devraient toutefois faciliter les investissements dans le secteur de la bioénergie par des mesures politiques appropriées », estiment toutefois les organisations professionnelles.
Enfin, le Copa et le Cogeca considèrent que « la Commission devrait également financer une étude visant à évaluer le potentiel de réduction des émissions de CO2 au travers de l’utilisation de matières premières renouvelables au lieu de matériaux à base de pétrole (par exemple les bioplastiques ou les matériaux d’isolation) ».
(voir page suivante les engagements des chefs d’Etat et de gouvernement)